I. Suétone, Domit
a. Tacite, Hlst., IV, 5o ; Vie d'Agricola, 45 ; Pline, Ep., I, 5 ; II, 11 ; Juvénal, IV, 110-118.
Hist. gén. de l'Ealise. — I lO
La persécution de Domitien
L'impôt sur
les personnes
« vivant
de la
vie judaïque ».
Beaucoup
de chrétiens
croient,
en conscience,
devoir refuser
cet impôt.
Exécution
de Flavius
Clemens,
consul, et des deux Flavia
Domitilla(95).
Autres
exécutions
de chrétiens
appartenant à
la haute
nobletse.
Saint Jean
subit à Rome
répreuve
de
l'huile
bouillante.
son horreur des conllits sanglants, ce qui le faisait taxer de lâcheté par les gens ardents * ». Le fils et la belle-fille de Flavius Sabinus avaient courageusement embrassé la religion chrétienne. C'était un cas de mort ou de proscription. Flavius Clemens fut exécuté l'année même de son consulat. Flavia Domitilla, sa femme, fut exilée dans l'île de Pandalaria. Une autre Flavia Domitilla, leur nièce, fut internée dans l'île Pontia. L'historien Dion Cassius, en rapportant ces exécutions, dit qu'ils furent condamnés « pour crime d'athéisme 2 » . Suétone paraît faire allusion à d'autres exécutions de chrétiens appartenant aux plus hautes situations, quand il écrit à son tour : « Domitien fit périr un grand nombre de sénateurs et même quelques consulaires, parmi lesquels, comme coupables de nouveautés, Civicus Cerealis, alors proconsul d'Asie, Salvidienus Orfitus, Acilius Glabrio, déjà exilés ^ ». Acilius Glabrio avait été consul en 6i.
Au besoin d'argent, à la haine du nom chrétien, venait se joindre, dan? l'âme du tyran, la peur. Hégésippe, cité par Eusèbe, raconte que Domitien « craignait, comme Hérode, la venue du Christ * », car le bruit courait par tout l'Orient que le gouvernement du monde appartiendrait à un rejeton de David. Il ordonna donc qpi'bn recherchât tous les descendants de cette noble ruce. Nous avons vu que les petits-fils de Jude, arrivés à Rome du fond de la Batanée, ne furent renvoyés qu'à la vue de leurs mains calleuses, indice de leurs travaux manuels. Peut-être Jean, si renommé pour son intimité avec Jésus, fut-il mandé au même titre. Tout ce que nous savons, c'est que, venu ou conduit à Rome, il y subit la terrible épreuve de l'huile bouillante. Mais, ajoute Tertullien, par qui nous connaissons ce fait, « il n'y subit aucun mal et fut relégu^ ensuite dans une île ' ».