‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 143 sur 413 · FoUARD, Saint Jean, p · texte numérisé non relu

FoUARD, Saint Jean, p

3. Lepi!«, au mot Evangiles, dans le Dict. apol. de la foi cathol., t. I, col. 1787.

4. M. FouARD, S. Jean, p. 233, admet comme vraisemblable que d'autres mains ont concouru, avec saint Jean, à la rédaction de ses souvenirs. Le P. Calmes, Comment se sont formés les Evangiles, 3e édit., p. '6-7, et VEvangile selon saint Jean, Introduction, n'hésite pas à faire assez large la part des disciples de saint Jean dans la rédaction de son Evangile. Mais, en toute hypothèse, ces auteurs admettent que l'Evangile tout entier reproduit la pensée de l'apôtre. Même avec cette restriction, l'hypothèse admise par M. Fouard et le P. Calmes nous paraît invraisemblable. La parfaite unité de plan et de style que l'on remarque dans le quatrième Evangile se concilierait difficilement avec le fait de la pluralité des collaborateurs ; à moins d'admettre que ceux-ci n'ont été que de simples scribes, des secrétaires passifs, uniquement préoccupés de rendre, avec un soin scrupuleux, les pensées et les formules de l'apôtre, ce qui serait alors revenir, an foiul, à la thèse traditionnelle.

Sur l'histoire du Quatrième Evangile, voir E. Leveïijue, Mes Quatre Evangiles, un vol. in-ia, Paris. 1917.

HISTOIRE GÉNÉRAI.E DE l'ÉGLISB

Conséquences

l'apparition

de l'Evangile

selon

saint Jean

Il est l'occasion d'un grand mouvement

de philosophie religieuse.

L'apparition de l'Evangile selon saint Jean fut un des plus grands événements de la primitive Eglise. Elle eut lieu vers l'an 98 '. L'évangéliste atteignit son but. « Sans polémique directe, sans indiquer avec précision l'hérésie qu'il avait l'intention de combattre, par la simple exposition des faits dont il se portait le témoin 2 «^ jl avait mis à néant toutes les affirmations de Cérinthe. Désormais, dans l'enseignement des fidèles, l'influence de ce livre fut immense. « Il est connu, dit Eusèbe, par toutes les Eglises qui sont sous le ciel ^. » Des hérétiques cherchèrent à l'attirer à eux ; d'autres le combattirent avec acharnement. Dans la ville d'Alexandrie surtout, il devint l'occasion de nombreuses spéculations métaphysiques, Eusèbe nous parle, en effet, d'une « école des saintes lettres » ou didascalée^ qui se fonda à Alexandrie « dès la première heure * ». C'était le germe de la fameuse école sur laquelle Clément d'Alexandrie et Origène devaient jeter un incomparable éclat. C'était le début d'une phase nouvelle dans l'histoire de l'Eglise. A Jérusalem, le christianisme s'était surtout révélé comme une fraternité, dont saint Jacques le Mineur avait été le père. A Antioche, il s'était montré comme une propagande, dont saint Pavil avait été le héros. A Rome, il s'était affirmé comme un gouvernement, dont saint Pierre avait été le chef. A Alexandrie, il allait se proposer comme une philosophie, dont saint Jean serait le docteur. Mais ce n'étaient là que les aspects divers, que les adaptations successives d'une doctrine toujours une, toujours identique, et pour laquelle grandir et se développer n'étaient autre chose qu'achever de se retrouver dans l'enseignement du divin Maître, de plus en plus approfondi.

I. Il est probahle que l'apôtre avait commencé à composer son Evangile pendant son exil à Patmos ou môme avant. Cet Evangile, d'ailleurs, était-il autre chose qua la reproduction et la mise en ordre de sa prédication habituelle ?

3. DôLUNGER, le Christianisme et l'Eglise à Vt'poque de leur fondation, trad. Bayle, p. 177.

3. JCusÈDE, H.E., i. III, cil. ixiv, n. a. Sur l'Evangile de S. Jean, voir Cohliy, Com. in Ev. S. Joannis, ae édit. i88o ; Knabbndaueh, id. ; Lbpih, la Valeur historiijue du quatrième Evangile, Paris, 1910; Nouvelle, l'Authenlicitt' du quatrième Evangile, Paris, 1900.

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