GoNDAL, Au temps des apôtres, p. 320-32I
5. L'arrestation, l'interrogatoire, la condamnation et le martyre de saint André sont racontes dans la célèbre Lettre des prêtres et diacres d'Achaïe sur le martyre de saint André (Tischendorf, Act apost. apocr., Leipzig i85i, p. i55 et P. G., II, col. iai8). L'aullientlcité de cette lettre est défendue par les meilleurs critiques : Noël Alexandre, Galland, etc. Tiilemont met en doute son intégrité'. Elle semble être par endroits une amplification oratoire de détails puisés aux documents authentiques. Les A>^entiires de Mathias et d'André au pays des anthropophages ne méritent aucune créance. Tischendorf, Act apost. apocr., p. 182. Voir J. Flamion, les Actes apocryphes de l'apôtre André, Louvain et Paris, 191 1, in-8''.
6. BossLET, Panégyrique de saint André, 2^ point, édit. Lâchât, t. XII, p. ii.
iC)6
HlSTOmE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
voir qu'un ouvrage est tout de sa main, il réduit tout à l'impuissanc* et au désespoir, puis il agit *. » *
Saint Paul
et
iaint Grescent.
La première
évan-
gclisation
de l'Espagne
et .'e la Gaule.
L'expansion
géographique
de l'Eglise
à la 6n du t" siècle.
Si, à ces travaux des Douze Apôtres, on ajoute ce que nous connaissons ou ce que nous pouvons raisonnablement conjecturer des travaux de saint Paul, nous comprendrons comment, au début du n" siècle, saint Ignace d'Antioche a pu écrire, en des termes qu'il ne faut point prendre strictement à la lettre, mais qui n'en sont pas moins significatifs, que l'Eglise s'est étendue « jusqu'aux extrémités du monde - ». Saint Clément de Rome atteste, en elTct, que l'apôtre des Gentils n'a subi le martyre qu'après « être parvenu jusqu'à l'extrémité de l'Occident 3 ». Par ces mots, nous allons bientôt le constater, il est naturel d'entendre l'Espagne. On peut, par ailleurs, se demander pourquoi saint Paul, dès l'époque de sou épître aux Romains, c'est-à-dire dès l'an 60, parlait seulement de l'Espagne, et non pas de la Gaule et de l'Afrique. Ne serait-ce point que la Gaule et l'Afrique avaient déjà reçu la vraie foi ? u Quand on sait, écrit Mgr Batiffol, combien l'apôtre avait scrupule d'aller prêcberlà où d'autres apôtres l'avaient devancé *, on en vient à conjecturer que des villes comme Carthage ou Marseille, dès avant l'an 60, avaient pu recevoir l'Evangile. « Grescent s'en est allé en Gaule, lisons-nous dans la seconde Epître à Timothée, et Tite s'en est allé enDalmatie ^. » « Car c'est bien la Gaule qu'il faut voir dans ce passage, de préférence à la Galatie, toute fragile que soit cette préférence ^. » En somme, à la fin du i" siècle, soixante-dix ans après la mort du Sauveur, non seulement l'Europe paraît avoir été parcourue d'un bout à l'autre, de l'Orient à l'Occident, mais l'Asie et l'Afrique avaient été profondément pénétrées, bien au delà des fron-
I. BossvET, Païu'gyrique de saint André, p. 6. a. Saint Ignace, Ep. aux Rûmains, n. 3.