‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 149 sur 413 · II Tim., IV · texte numérisé non relu

II Tim., IV

6. Batiffol, dans la Revue biblique d'avril 1895, p. I^o. L'interpritalion dd II Tiin., IV, lu, dans lu sens du la (laulu est très discutée. Les mots Celtia, Galatia et Gallia paraissent avoir été absoliiniont synonymes dans le langage do l'épo(|ue. Les circonstances seules peuvent iiuliquor s'il s'agit de la Gaule ou de la Galatie.

LA PREMIERE EXPANSION

tîères de l'empire. M. Harnack énumère quarante et une localités où l'existence de communautés chrétiennes est historiquement attestée dans le cours du i®*" siècle *. Nous savons que ces communautés ne formaient qu'une infinie minorité dans l'Eglise. Les Epîtres mêmes de saint Paul et de saint Pierre attestent la présence de bien des chrétientés qu'elles ne nomment pas ; celles que les autres apôtres avaient fondées sont encore moins connues. Le miracle de la Pentecôte se vérifiait en un sens nouveau : « toutes les nations qui sont sous le ciel entendaient les Galiléens parler leurs langues », et saint Clément de Rome pouvait dire dans sa belle prière : « Que le i-Iaitre de l'univers garde intact le nombre des élus par le monde entier ~. »

Le fait était d'autant plus considérable que l'expansion géographique du christianisine dans le monde se doublait d'une pénétra-

Sa pénétration

dans

la société

antique.

I. Harnack, Die Mission und Ausbreitung des Christentums in den ersten drei Jahrhunderlen, Leipzig, 1902.

3. S. Clément ad Cor., lu, a ; Funk, Patres apost., I, 176. Cf. Batiffol, l'Extension géographique de l'Eglise, dans Revue biblique d'avril iSgS, p. 137-159; L. DE Grandmaison, l' Expansion du christ. , dans iJ/uc/es de juillet 1908, p. 3oo et s. ; Rivière, la Propagation du christianisme dans les trois premiers siècles, dans la Rev. prat. d'apol. du i5 mars et du i" avril 1906 ; P. Allard, Dix leçons sur lé martyre, ae leçon. Létat du monde antique était-il favorable ou contraire à la propagation du christianisme ? Il nous semble que beaucoup des discussions qui se sont élevées sur ce point reposent sur une équivoque, et qu'une réponse exacte ne peut être donnée que par une distinction. Si tout, dans le monde antique, semble avoir été providentiellement disposé pouT faciliter la divulgation rapide delà doctrine chrétienne, tout paraît avoir été préparé par l'Esprit du mal pour en empêcher l'acceptation. L'unité de l'univers civilisé sous un seul maître, l'universalité de la langue grecque, l'expansion des Juifs, dépositaires de la foi monothéiste et des prophéties messianiques, dans le monde entier, favorisaient évidemment la prompte prédication de l'Evangile, tandis que la décadence de la religion traditionnelle, l'impuissance avérée des sectes philosophiques, la lassitude engendrée par l'excès même de la civilisation, engageaient les âmes à écouter une prédication nouvelle. Mais la puissante unité de l'empire, du moment où elle se tournerait, comme il arriva en effet, contre la religion du Christ, fiait capable de lui créer l'obstacle le plus formidable. Partout oià l'esprit étroit et charnel des Juifs prévaudrait, — et il en fut ainsi presque partout, — il en ferait des ennemis acharnés du christianisme. La culture de la langue grecque et des vieux auteurs de l'Hellade ne pouvait que rendre méprisable le langage de quelques Juifs obscurs et illettrés. Si la vieille mythologie avait peu de croyants, elle était déjà remplacée par le culte de Rome et d'Auguste, par tout le prestige d'une religion nationale, et par ces mystères orientaux, dont les rites purificateurs attiraient les âmes élevées, dont les pratiques sensuelles convenaient si bien aux instincts des masses. Les sectes philosophiques préparaient les esprits aux hérésies. Le rationalisme païen se révoltait avec autant de violence contre une religion d'autorité que le sensualisme païen contre une doctrine de pureté et d'humilité. Bref, entre le culte du vieux Pan, c'est-à-dire de la nature exaltée et divinisée par ses propres forces, et le culte du Christ, c'est-àdire d'un Dieu fait homme et crucifié pour racheter le monde déchu, l'opposition était formelle et absolue.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

tiou profonde de son esprit dans la société. C'est ce que l'historien Adolphe Ilarnack a appelé sa <• pénétration intensive ». Depuis le temps où saint Paul avait écrit : « H n'y a pas beaucoup de sages selon la chair parmi vous* », l'Eglise avait fait bien des conquêtes dans l'aristocratie sociale et intellectuelle. Nous avons vu qu'à Athènes elle avait conquis un membre de l'Aréopage, qu'à Rome le chiistianisme comptait, sous Néron, des fidèles dans la maison de César ^ et, sous Domilien, parmi les membres de la famille impériale. Nous savons aussi que les chrétiens d'Alexandrie ne craignaient point d'aborder la discussion philosophique de leur foi. Par Alexandrie la civilisation orientale tout entière allait se pénétrer de christianisme. Par Athènes et par Rome les deux grandes nations de l'antiquité occidentale allaient transmettre à l'Europe l'esprit de l'Evangile. Faut-il aller plus loin, et dire aussi que deux des nations destinées à jouer un rôle prépondérant dans l'histoire de l'Occident, l'Espagne et la France, s'étaient, dès le i" siècle, constitué des chrétientés, et que les Eglises de ces deux pays, celle du « royaume catholique » et celle du « royaume très chrétien », peuvent se glorifier d'une origine apostolique ? La question vaut la peine qu'on l'étudié de près.

Les origines apostoliques

du christianisme en Espagne.

Le projet de saint Paul.

« Les origines chrétiennes de l'Espagne, écrit Mgr Duchesne, semblent bien se rattacher à l'apostolat de saint Paul ^. » La pensée d'évangéliser l'Espagne avait occupé de bonne heure l'esprit du grand apôtre. « Quand je me serai mis en route pour l'Espagne, écrivait-il de Corinthe aux Romains, j'espère que je vous reverrai en passant *. » « J'irai en Espagne, reprenait-il, après avoir passé par Rome ^. » Ce vif désir s'explique par ce fait, que l'Espagne, bien que lentement et péniblement conquise par les armées romaines, était rapidement devenue, grâce au génie naturel de ses habitants, une des provinces les plus cultivées de l'empire, l.a

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