Voir plus haut, p. i
3. Ausone, énumérant, au ive siècle, les grandes villes de l'empire, assigne à Arles un des premiers rangs. Avant elle il ne place, en Gaule, que la cité de Trêves, qui était alors résidence impériale. Ausone, Carm., xix, 8. Pavie était une ville bien moins importante. Cependant M. de Rossi a cru trouver dans un monument épi-
Brève
discussion des arguments
présentés en faveur de
la thèse de l'organisation
tardive
de l'épiscopat
en Gaule ;
1° Le silence
des catalogues
épiscopaux,
2° Le silence
des Pères
des premiers
siècles,
30 L'usage traditionnel de n'établir
des sièges
épiscopaux que dans les
très grands centres,
niSTOIRE GÉ?(^RAT.E DE l/f^GUSE
4" Le
témoignage
saint Grégoire
de Tours,
5° Le texte
d'Euaibe
sur la
prééminence
de
saint Irénéc
en Gaule.
Saint Grégoire de Tours fait remonter l'origine clos Eglises gauloises à une mission de sept évèqucs, envoyés en Gaule au m* siècle*. Mais, dit Mgr Duchesne, u le témoignage de Grégoire sur la mission des sept évêques est trop faible et sa provenance trop obscure pour que le fait puisse entrer dans la trame de l'histoire^ ».
On invo(]ue enfin le fameux texte d'Eusèbe : >< Les paroisses de la Gaule dont Irénée a la surveillance, ton kata Gallian paroikiôn as Eirenaios epescopeï ^ ». Mais si le mot epescopeï suggère l'idée d'épiscopat, le mot de /)(3roïA:/dn semble faire allusion à dos chrétientés organisées. ChezEusèbe, le mol de paroikia a souvent, et notamment dans ce chapitre xxii, qui contient la phrase équivoque, le sens de diocèse *.
En résumé, rien, ni parmi les documents de l'archéologie ni dans les instructions de l'histoire, ne vientdémentir d'une manière rigoureuse, précise et définitive la tradition de l'origine apostolique des sièges épiscopaux en Provence *. Mais quels en auraient été les premiers titulaires ?
Les premiers
aj)ôtres de la
Provence,
Nous n'hésitons pas à nous ranger, sur ce dernier point, aux conclusions d'un historien dont nul ne songera à contester la vaste éru-
graphique des preuves de l'origine apostolique de son siège épiscopal. Voir BolUlUno diarch. crist., 1876, p. 77 et 8. Les conclusions de M. de Rossi ont été contestées parle P. Fedele Savio, Gli anlichi veicovi d'Ilalia, Turin, 1899.
1. S. Grégoire de Tours, Hist. Franc , I, 36-27. ï) autre part, dans 6onDe gloria martyrum, c. 1^7, saint Grégoire de Tours dit de saint Saturnin de Toulouse qu'il fut ai aposlolorum discipulis ordinalas. et, dans son De gloria martyrum c. 79, il fait de même ordonner et envoyersaint Ursin de Bourges a discipulis aposlolorum. Faut-il diro, avec Mgr Duchesne, que ces mots « ne peuvent désigner que le pape », ou voir une contradiction entre ces deux passages et celui de Vfiistoria Francoram ? (Duchesne, les Fasles, p. ao-26.)
a. DucHESRE,^ les Orig. chri't., p. 45 1.