‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 157 sur 413 · EusÈBE, //. il.. 1. V, ch. xxni, n · texte numérisé non relu

EusÈBE, //. il.. 1. V, ch. xxni, n

4. Du Gange, au mot Parochia. « Ici, comme souvent, écrit Mgr Duchesne, U phraséologie d'Eusèlju a nui à la clarté de son témoignage. » [Ibid., p. 45o.) Dans sea Fastes, 3° édit., p. 43, Mgr Duchesne, tout en reconaaissaut que le mot paroikia a, dans le même chapitre d'Eusèbe, le sens de diocèse, lui conteste neltemont ce sens dans la phrase dont il s'agit.

5. Dans son Manuel d'histoire ecclésiastique, 5* édit., igi3, le D' Marx, pit>resseur au séminaire de Trêves, croit qu' « on peut allirmer avec une très grande prohabilltc que des siugrs épiscopaux existaient dès le ii" siècle dans les priucip.dea villi's du sud de la Gaule ». Op. cit., l'° éi)oque, ch. 1, S 18.

LA PKEMIEUE EXPANSION

dilionctla critique sévère. « Quels furent les premiers apôtres de Marseille, écrit M. le chanoine Ulysse Chevalier, quel a été son premier évêque ?... Il faut d'abord remarquer qu'il y a pétition de principe à déclarer éclose auxi^ siècle (elle est au moins du x*) une tradition, parceque les documents antérieurs ne la mentionnent pas. Quels documents ? pourrait-on demander. Ravagée à nombre de reprises par les Sarrasins et les Normands, la Provence est d'une pénurie extrême en fait de chartes qui précèdent le ix* siècle. Il n'y en a pas une seule parmi tous les instrumenta de la province d'Aix. Ces destructions répétées, accidentelles ou intentionnelles, nous ont privés pour toujours de la connaissance de faits que des tronçons de chroniques ou des documents espacés ne permettent pas de suppléer. Il faut en faire son deuil *. »

Mais si les documents se taisent, des traditions régionales, des cultes locaux, vieux de plus de dix siècles, ont apporté leurs affirmations. En voici les principales données. Quatorze ans après la mort du Sauveur, une persécution religieuse ayant éclaté en Palestine, L,azare le Ressuscité, Marie-Madeleine et Marthe, ses sœurs, Sara, leur servante, Sidoine, l'aveugle-né de l'Evangile, les deux Marie, Jacobé et Salomé, Maximin, l'un des soixante-douze disciples, montent sur une barque sans voiles, que la Providence pousse vers les côtes de la Camargue. Débarqués à l'embouchure du Rhône, à l'endroit occupé par le village actuel des Saintes-Maries-de-la-Mer, les deux Marie et Sara s'y fixent, tandis que Lazare va évangéliser Marseille ; Maximin, Aix; Marthe, Avignon et Tarascon. Quant à Marie-Madeleine, « désireuse de contempler les choses célestes, elle se relira, dit la Légende dorée, dans une grotte de la montagne (de la Sainte-Baume), qui lui avait été préparée par la main des anges, et pendant trente ans elle y resta à l'insu de tous. Il n'y avait là ni cours d'eau, ni herbe, ni arbre ; ce qui signifiait que Jésus voulait nourrir la sainte des seuls mets célestes, sans lui accorder aucun des plaisirs terrestres. Mais, tous les jours, les anges relevaient dans les airs, où, pendant une heure, elle entendait leur musique ; après quoi, rassasiée de ce repas délicieux, elle redescendait dans sa grotte, sans avoir le moindre besoin d'aliments corporels *. »

A.b«ence générale

de documents sur

celte époque primitive.

La trcclilion provençale.

L'évangélisA

tion de la Proveiuy

par saint Lazare, sainte Marie- Madeleine, sainte Marllu , saintMaxiiuiii.

I. Uljsse Chevalieh, Gallia christiana novissima, Marseille, p. vin. a. Jacques de Voragine, la Légende dorée, traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits par Teodor de Wïzbwa, 1 vol. in-i6, Paris, 190a, p. 343. On

Hisl. gén. de rF-<rlise. — I la

Premiers

indices

rciicologiques

et historiques.

Culte de

saillie Marthe

constaté

à Tarascon

dès le \iie siècle.

Les traditions orientales.

Critique

de ces traditions.

Les traditions

bourguignonnes.

178 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGI.ISE

Quelle estranliquilc de cette tradition P On ne scia pas étonné de n'en trouver aucune trace chez les écrivains des premiers siècles, puisque ces écrivains se taisent à peu près sur les origines apostoliques du christianisme en Provence, origines que les monuments de l'archéologie et les inductions de l'histoire nous ont pourtant amenés à admettre comme un fait avéré. Une église dédiée à sainte Marthe au vu* siècle dans la cité deTarascon*, la propagation du culte de cette sainte, qui paraîtrait attesté par la diffusion du nom de Marthe au ix" siècle dans le pays arlésien et dans les dépendances de l'évêché de Marseille * : tels sont les premiers vestiges d'un hommage rendu à la sainte famille de Bélhanie.

Il est vrai qu'en même temps, des traditions apparaissent en Orient, d'après lesquelles saint Lazare aurait eu son tombeau dans l'île de Chypre et sainte Madeleine dans la ville d'Ephèse ; mais i^ces traditions sont peu sûres ^ ; 2° elles ne paraissent pas remouler aux premiers siècles, car, au iv*siècle, la célèbre Peregrinatio Silviœ ne les mentionne pas *, et 3° il est probable que ces traditions sont le résultat d une confusion de noms ; on a pu confondre avec le Lazare et la Madeleine de l'Evangile un saint moine du nom de Lazare, mort dans l'île de Chypre en 822, et une Madeleine ensevelie à Eplîèse au v* siècle ^.

Un troisième groupe de traditions se manifeste d'ailleurs en Bourgogne, àVézelay, où les reliques de sainte Madeleine, au xi* siècle, deviennent l'objet d'un culte solennel et le but de pèlerinages nombreux. Ces traditions et ce culte sont-ils dépendants de ceux de la Pro-

connaît les beaux vers par lesquels le poète national de la Provence a chanté ce» vieilles traditions de son pays (Frédéric Mistral, Mirèio, cant XL)

I, Georges de Mamteter. ancien membre de l'école française de Rome, la Provence du I*T au XII' siècle (Mémoires et documents publiés par la Société de l'Ecole des Chartes, t. ^II), 1 vol. in-S", Paris, Alph. Picard, 1908, p. 6o-6a. Tout fait sup*

f oser que cette sainte Marthe était la sainte Marthe de l'Evangile, mais rien ne indique positivement. Le nom de Marthe ne se lit nulle part dans lAncien Testament. Il vient probablement de l'araméen mdrd u maitre » et peut signifier ce maîtresse ». Plutarqub, Marius, 17, cite ce nom comme celui d'une prophétessc syrienne qui accompagnait le général Marius. Cf. Schbgo, Ev. nach Luk, Munich, i863, t. II, n. 53o.

3. Ibid., p. 6a-63. On trouve aussi une église dédiée, en Avignon, à sainte Mario- Madeleine, au XI" siècle. (Mamtbïkr, op. cit., p. 66-67.)

3. <( On pense bien, écrit Mgr Duchesue, que je ne me porte pas garant de raulhentlcilé do ce tombeau de Lazare (dans l'île de Chypre), pas plus que de celui de la Madeleine à Ephèse. » Duchesmb, Us Fastes épiscopaux, t. 1, p. 2.

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