Iîkresger, les Trad. prov., p
5. C'est l'hypothèse faite par M. Bi';nE.>oKH, les Traditions provençales, p. 52-53.
LA PBEMIERE EXPANSION
vence, comme le soutient M. Bérenger^ ? Les traditions provençales dépendent-elles au contraire des traditions bourguignonnes, comme le prétend Mgr Duchesne * ? Les unes et les autres dépendent-elles de légendes auvergnates, ainsi que croient le démontrer M. Georges de Manteyer ^ et Dom Germain Morin '^ ? La question ne paraît pas bien claire, puisqu'elle divise ainsi les savants. Contentons-nous de constater que les traditions provençales ne tardèrent pas à supplanter les autres. Depuis le xi' siècle, c'est en Provence que le culte de saint Lazare, de sainte Madeleine, de sainte Marthe et de saint Maxim in se perpétua avec une splendeur qui ne devait plus déchoir. Les « saints lieux de Provence », comme on les appela, devinrent le but de nombreux pèlerinages. On cite, parmi les saints et parmi les grands personnages qui s'y rendirent, saint Jean de Matha, le roi saint Louis, sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède, Charles VIII, Louis XII, Anne de Bretagne, Louis XIII et Louis XIV. Un seul jour y compta cinq rois ^ ; un siècle y amena huit papes ^. Le fondateur des séminaires en France au xvii* siècle et le restaurateur de l'ordre de saint Dominique au xix* siècle allèrent y placer leurs œuvres naissantes sous la protection de la grande pénitente, et le grand orateur de Notre-Dame se fît glo're de vénérer, « en ces lieux saints, que l'on pourrait croire appartenir au ciel plutôt qu'à la terre, comme la dernière empreinte de la vie de Jésus-Christ parmi nous " » .
Tels sont les faits. On conçoit, après les avoir impartialement examinés, que les rédacteurs des Acta sanctorum, se plaçant au point de vue d'une stricte critique historique, refusent d'enregistrer des litres que l'état actuel de la science ne permet pas d'établir avec une certitude suffisante ; mais l'on comprend aussi que les religieuses populations de Provence, justement fières d'avoir reçu les prémices de la foi chrétienne sur le sol de la France, et n'ayant jamais eu
La tradition
provençale
survit seule.
Le déve-
lojjpemenl
et la vilalitii
du cuK des premier»
apôtres delà Provence.
Conclusion.
I. BÉRE^GE^, les Traditions provençales, p.' 81-88. 3. Duchesse, les Fastes épiscopaux, t. l, p. 3a8-34o.