Voir plus haut, p. i54-i
i. Voir plus haut, p. ii5.
6. Celte expression est do Guizol. « Les principes du christianisme bien graréi dans le cœur, a écrit Monlescpiieu, seraient infiniment plus loris que ce faux honneur des monarchies, ces vertus humaines des répuhliijues, et celte crainte servile des Etats despoli(jucs. » (Montesquieu, Esprit des lois.)
7. Sur la compiilihililé du christianisme avec institutions romaines el la sécurité
LA LUTTE
Il est probable qu'il y eut des martyrs dès les premières années du gouvernement de Trajan ^ ; mais le rescrit où s'exprime la politique de l'empereur à l'égard des chrétiens est de m ou 112. Il importe de s'arrêter à cet acte impérial, dont les principes domineront toute la politique religieuse des Antonins.
Vers l'automne de l'année m*, Tïajan reçut du légat de Bithynie, qui était alors Pline le Jeune, une longue lettre, lui exposant la situation embarrassante faite au représentant de l'empereur par le développement considérable du christianisme, et lui demandant une règle à suivre. Les germes de foi semés dans les diverses provinces de l'Asie Mineure par la prédication de saint Pierre et de saint Paul s'y étaient extraordinairement développés. Les communautés chrétiennes, profitant de la législation romaine sur les « hétéries », ou corporations professionnelles et religieuses, se multipliaient de toutes parts, faisaient reculer le paganisme devant elles. Les temples étaient désertés ; le commerce des animaux destinés aux sacrifices subissait une crise. De là, des plaintes réitérées auprès du légat. Presque partout, dans ses tournées à travers la province qui lui avait été confiée, Pline s'était trouvé en présence de quelqu'un de ces chrétiens, dont il ignorait la doctrine, se souciant peu d'ailleurs de la connaître. Il savait seulement, dit-il, qu' « ils se réunissaient à des jours fixés, avant le lever du soleil, pour chanter entre eux alternativement un hymne à Christus comme à un Dieu, et pour s'engager par serment, non à tel ou tel crime, mais à ne pas commettre de vols, de brigandages, d'adultères, à ne pas manquer à la foi jurée, à ne pas nier un dépôt réclamé ».
En magistrat intègre, soucieux de ne poursuivre que des crimes classés par la loi de son pays, Pline n'avait point jugé à propos de sévir contre de telles gens. Mais des délateurs étaient intervenus, dont quelques-uns anonymes, si nombreux, si pressants, que le légat n'avait pu s'empêcher d'agir. « Dans ces conjonctures, continue-t-il, j'ai cru nécessaire de procéder à la recherche de la vérité par la torture sur deux servantes, de celles qu'on appelle diaconesses. Je n'ai rien trouvé, qu'une superstition mauvaise, démesurée. Aussi,
Commencement de la persécution.
Le développement du christianisme en Bithynie.
Recul du paganisme.
Lettre de Pline le Jeune à Trajan
(m ou lia).
Il consulte
l'empereur sur
la conduile
de l'empire romain, voir l'étude publiée par M. Paul Allard, dans la Revue des questions historiques de juillet 191 2.