‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 163 sur 413 · Paul Allard, Hist. des pers., t. I, p. i4a · texte numérisé non relu

Paul Allard, Hist. des pers., t. I, p. i4a

2. Quelques auteurs disent 112. La date a peu d'importance au point de vue da l'histoire générale.

qu'il Joit tenir

à l'égard des chrétiens.

Réponse do Trajan.

« Ne point

rechercher

es chrétiens,

mais les punir

s'ils sont dénoncés et convaincus. 9

Motif de cette

décision : la

raison d'Etat,

entendue lu sens païen.

Causen secondaires des persécutions

suspendant rinstructiou, j'ai résolu de vous consulter *... » Au long mémoire du fin lettré, Trajan répondit avec celte « impériale brièveté ^ », qu'il tenait de son âme guerrière et faite pour le commandement : m Tu as suivi la marche que tu devais, mon cher Secundus. En pareille matière, on ne peut établir une règle fixe pour tous les cas. Il ne faut point rechercher les chrétiens ; mais s'ils sont dénoncés et qu'ils soient convaincus, il faut les punir ; de façon cependant que celui qui nie être chrétien et qui prouve son dire par des actes, c'est-à-dire en adressant des supplications à nos dieux, obtienne le pardon... Quant aux dénonciations anonymes, il n'en faut point tenir compte ^. »

Terlullien a parfaitement remarqué ce qu'il y a d'illogique dans cette décision. « Trajan, s'écrie-t-il, défend de rechercher les chrétiens comme innocents, et il ordonne de les punir comme coupables * 1 » L'illogisme est frappant, en effet, si l'on se place au point de vue moral. Mais Trajan, en parfait juriste de la vieille Rome, ne connaît guère ce point de vue quand la raison d'Etat lui paraît être en jeu. Les chrétiens ne commettent, il est vrai, aucun délit de droit commun ; mais, par cela seul qu'ils n'accomplissent pas certaines cérémonies rituelles à l'égard des dieux de l'Etat, ils troublent r « ordre romain ». C'est précisément pour cela qu'une simple M supplication aux dieux » leur fera tout pardonner. L' « ordre romain » ne parait point exiger, par ailleurs, que des enquêtes soient organisées contre les chrétiens : ce serait un bouleversement que la situation n'impose pas. Le délit de christianisme ne deviendra punissable que s'il est rendu manifeste par une dénonciation précise.

Tel est, du moins, l'avis de Trajan. Plusieurs de ses successeurs tireront de son principe des conséquences plus sévères ; ils ne lo

I. Une longue controverse a autrefois divisé les érudits à propos de l'authenticité de celte lettre. Elle a été contestée par Aube, Histoire des perst'cutions, p. a 19 ; Desjaroins, les Anionins d'après l'épigraphie dans la lievue des Deux Mondes du i"'" décembre 187/^ ; Ernest Havbt, le Christianisme et ses origines, t. IV, p. 4a^- 43i. L'authenticité de la lettre est universellement reconiuie aujourd'hui. Voir Gaston BoissiEn, dans la Revue archéologique, t. XXXI (187t.')), p. 1 i4-ia5 ; Renan, les Evangiles, p. /i76, note 3; P. Allard, Hist. des pers., t. 1, p. ii6-i.ja et s. ; Haiinack, Gesch. der altchr. Litter., l. Il, p. 866; LiourpooT, Apostolic Falhers, a* partie, I, 5i.

a. Imperaloria brevitate, dit Tacite, en parlant de Galba. (TiiciTi, //(5t., 1. I, cb. xviii.)

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