I. Pline, Episl. VIII, 4. Dio.'«, XV
a. EtsÈBE, H. E., 1. III, ch. xiii et xxiiv.
Sixte le' (ii5 ?-ia5 ?).
Mode
d'élection
des premiers
papes.
L'empereur
Hadrien (n7-i38).
Son caractère.
Son rescrit de ia4
fait espérer une ère
de tolérance
roligieusc.
de documents certains, qu'au m' siècle, les élections des évêques de Rome, bien que leur primauté fût universellement reconnue, étaient soumises aux mêmes règlements que celle des autres évoques, et les canons des conciles d'Arles, en 3iii, et d'Antioche, en 34 1, font entendre qu'ils ratifient une coutume antique quand ils décrètent que le choix de l'évêque relève « de l'assemblée et du jugement do ses collègues * ». Il est certain, d'autre part, que les prêtres et le peuple prenaient part à 1' « assemblée » dont il est ici parlé *.
L'élection de Sixte I" dut se faire à la fin du règne de Trajan, car le Liber pontificalis se contente de dire qu'il gouverna l'Eglise au temps de l'empereur Hadrien ^.
Hadrien, petit-neveu et fils adoptif de Trajan, à qui il succéda en 117, devait présider aux destinées de l'empire pendant vingt et un ans. Il y eut deux hommes dans Hadrien. Ce fut d'abord le politique avisé, plus sage que son prédécesseur, qui sut renoncer à toute ambition de conquêtes en Asie, pour se renfermer dans un rôle d'administrateur attentif et diligent, qui se lit son propre ministre des finances, de la justice, de la guerre et de l'intérieur, et qui remplit chacune de ces fonctions avec une incontestable supériorité. 11 y eut aussi en lui l'artiste, le voyageur crrieux de toute nouveauté, qui ne craignit point d'offenser les dieux de son pays en se faisant initier à tous les mystères des religions orientales. Sous ces deux aspects, scmble-t-il, Hadrien devait, moins que Trajan, persécuter le christianisme. L'homme d'Etat qui avait résolument fait le sacrifice de toute entreprise ambitieuse à la tranquillité de l'empire, le philosophe sceptique à l'égard de toute confession religieuse, n'allaitil pas laisser la religion chrétienne se développer librement à Rome et dans les provinces ? Un rescrit important, publié par Hadrien vers 124 * sembla donner raison à ces prévisions. Un proconsul d'Asie, Lucinius Granianus, s'était plaint de ce que les fureurs populaires amenaient souvent les magistrats à condamner à mort des hommes dont tout le crime était dans le nom qu'ils portaient et la
I. Conc. Antioch., can. a3, Hbfblb-Lbclercq. Histoire des conciles, t. I, p. 711.
a. R. Paratrb, Comment on devient pape, dans l'Université catholique du i5 décembre 191a, p. 333 334. Cf. Caiiones Hippolyti, can. 7-38, ap. Duciiesne, Orig. du culte chrétien, ao édit., p. 5o5.