Saint Jérôme, In Isaiam, Ag, P. L., t. XXIV, col
li. Voir Batiffol, au moi Aquila, dans le Dict de la Bible, t. I, col. 8ii-8ia. Origène a fail figurer la traduction d'Aquila dans ses Hexaples.
5. Les Recogniliones sont un vrai roman populaire. On trouve les œuvres pseudoclémentines dans les deux premiers volumes de la Patrologie grecque de Migne.
HISTOIRE GÉNÉHALE DE l'kGLISR
L'ôLioDitistiie
ossénien.
Sa doctrine.
La
secte elk^saïte.
Destinée de CCS sectes.
Leur signification.
Dieu a une forme, et il possède des membres, car tout être est fini l'I limité. Les êtres créés se divisent en bons et mauvais. Il y a lucnic do bons et de mauvais prophètes. Ceux-ci descendent d'Eve, l'élémeut l'cminin et mauvais du monde. Les bons prophètes descendent d'Adam. Jésus est le plus grand d'entre eux. Il est fils de Dieu, mais il n'est pas Dieu, car Dieu, c'est l'Ineugendré, l'innascible, et Jésus est l'engendré et le fils*.
Les clkésaïtes, dont les idées et les pratiques nous sont connues par Oriyène, saint Lpiphane et les Pliilosophoiimena, tenaient leur doctrine du livre d'Elkésaï, révélé la troisième année deTrajan, l'an loo, par un ange gigantesque, appelé le Fils de Dieu, ayant à ses côtés une épouse de diiïicnsions analogues, l'Espril-Saint. Un étrange baptême, accompagné de formules magiques et d'incantations bizarres, donnait l'initiation à cette secte. Toutes les lois rituelles juives étaient maintenues. Le Christ, né de Marie comme naissent les autres hommes, n'avait fait, disait-on, que se réincarner, car il avait déjà passé par plusieurs corps et porté plusieurs noms. Les Philosophoumena ajoutent que les elkésaïtes avaient aussi des croyances et des pratiques secrètes.
Ces sectes étranges devaient occuper peu de place dans le mouvement religieux de l'humanité. Elles ne tardèrent pas à disparaître. Leur singularité les signale surtout à l'attention. Elles ont cependant une signification symbolique. L'ébionite, comme l'elkésaïte, c'est le Juif orgueilleux, inconsolable de la perte de sa nationalité, de l'échec de son grossier messianisme, et cherchant à se faire une compensation dans un rêve grandiose où il tente d'entraîner les nations à sa suite -.
La Gnose. Un succès moins éphémère devait couronner les entreprises de ceux
([ui cherchèrent à revivifier l'esprit juif par son union avec l'esprit hellénique. Ce fut l'origine de la Gnose. La Gnose, dit Mgr Duchesne, n'est que « l'évolution de la pensée juive sous l'excitation de la
I. TiiEnosT, Histoire (L's (loijmes, t. I, p. l'jQ-il a. TuEuo.M', op. cit., j). 180-187.
LA LUTTE
curiosilé philosophique des Grecs ^ ». Cela est vrai particuHèrement de la première phase de l'hérésie gnostique ; car si l'on prend la Gnose dans l'ensemhle de son histoire, on doit y voir aussi bien un effort de la pensée grecque pour absorber en soi le judaïsme et le christianisme, qu'un effort de la pensée juive pour s'assimiler, sans se transformer, la pensée chrétienne et la pensée grecque. Ne peut-on pas y découvrir aussi, d'un troisième point de vue, un effort de l'esprit chrétien lui-même, effort légitime dans son principe, mais dévoyé dans sa marche, pour donner aux dogmes et aux pratiques du christianisme une expression philosophique, ou, si l'on veut, pour transposer dans le langage de la philosophie antique le dogme et la morale des Livres saints ? Tertullien remarque que, sous la bizarrerie de ses formules et de ses symboles, la Gnose abordait, au fond, les plus grands problèmes qui puissent passionner l'esprit humain : Quels senties rapports qui peuvent exister entre Dieu et le monde? Comment le Pur Esprit, l'Etre infini peut-il connaître, produire et gouverner le matériel et le fini ? Quelle est l'origine du mal, et comment, une fois commis, peut-il se réparer ^ ?
L'histoire du mouvement gnostique comprend, d'ailleurs, deux phases distincles. C'est surtout pendant la seconde phase, vers la fin du 11" siècle et au delà, que nous rencontrerons cette pullulation de systèmes, aux noms étranges, aux rites mystérieux et parfois infâmes, aux théories nuageuses, où la ihéurgie, la prétendue illumination et la magie ont plus de place que la philosophie. La première phase, qui apparaît sous Hadrien et se prolongera sous Antonin le Pieux, est caractérisée, au contraire, par la valeur intellectuelle et la tenue morale relative des chefs du mouvement.
L'idée inspiratrice de la Gnose a quelque chose de grandiose. Le monothéisme juif en est visiblement le point de départ. On veut avant tout, se faire de la Divinité une idée très pure et très élevée. Pour la rendre aussi pure que possible, on la débarrassera de tout concept applicable à la nature humaine, et l'on arrivera à ne plus pouvoir en parler, sinon pour l'appeler le Grand Silence, Sighè. Pour rendre cette idée aussi élevée que possible, on concevra Dieu comme un Etre infiniment éloigné, infiniment séparé de l'homme et de la nature, et on l'appellera l'Abîme, Buthos. Un éternel silence
Son caractère primitif.
Ses différents aspects.
Grands problèmes
qui se
débattent
au fond
du mouvement
gnostique.
Les deux phases
de ce mouvement.
Idée
inspiratrice
et point
de départ de la
Gnose.