I. Tertullien, Ad Nat., I, 9; Apol., 4o
a. Ces actes ne sont point les actes originaux, c'est-à-dire la transcription pure et simple des procès-verbaux judiciaires dressés par les païens et vendus aux fidèles par les agents du tribunal (voir, sur ces actes originaux, E. Le Blant, les Actes des martyrs, d&ns les Mémoires de l'Académie des Inscr. et Bell.-Lett., t. XXX, a» partie) ; mais ils en dépendent étroitement et ont dû être rédigés un an après l'événement. « Ces Actes, dit Tillemont, n'ont rien que de bon. » Tillemont, Mémoires, t. II, p. 35a. Cf. P. Allard, Hist. des pers., I, 34a et s. ; Rossi, Ballettino, i863, p. 19; Dora Leclbrcq, les Martyrs, 1, aïo ets.
3. Il s'agit de Marc-Aurèle. Voir Rossi, Allard et Leclbrcq, Iqc. cit. Le nom d'Antonin était donné à tous les princes de la dynastie des Antonins.
Leur
interrogaioire.
Leur mort.
Saint Justin (loo ?-i63).
Il étudie le6
pbilosophies païennes.
Aux premières sollicitations du préfet, la courageuse matrone répondit : « Tes menaces ne sauraient m'ébranler, ni tes promesses me séduire. J'ai en moi l'Esprit-Saint, qui ne permettra pas que je sois vaincue par le démon. — Malheureuse 1 s'écria Publius ; s'il t'est doux de mourir, laisse au moins vivre tes fils. — Je sais que mes fils vivront s'ils consentent à sacrifier aux idoles ; mais s'ils commettent ce crime, ils iront à la mort éternelle. » Le lendemain, le préfet la convoqua avec ses sept fils: u Prends pitié de tes enfants », lui dit-il. Alors la chrétienne, se tournant vers ses fils: « Levez les yeux, mes enfants, s'écria-t-elle. Regardez le ciel. Jésus-Christ vous y attend avec ses saints. » La mère et les enfants furent courageux jusqu'au bout. Une sentence de mort fut portée contre eux. L'aîné des jeunes gens fut assommé à coups de fouets garnis de plomb ; le second et le troisième succombèrent sous les coups de bâton qu'on leur asséna; le quatrième fut précipité dans le Tibre. Les trois derniers et la mère eurent la tête tranchée*.
Félicité et ses fils étaient morts victimes de la superstition populaire ; l'année suivante, Justin fut immolé à la jalousie des philosophes païens.
Justin était né dans les premières années du ii* siècle, en Palestine, à Sichem, laNaplouse modem 3. Son père Priscus et son grand-père Bacchius étaient Grecs d'origine et païens. Il avait été élevé lui-même dans le paganisme. D'une maturité précoce, il avait, de bonne heure, fréquenté les diverses écoles de philosophie. Dévoré de la soif de la vérité, il la demanda tour à tour au Portique, à l'Académie, à l'école de Pythagore. La doctrine de Platon, qu'il aborda ensuite, le retint. plus longtemps, mais sans contenter pleinement son esprit et son cœur. Un vieillard, qu'il rencontra un jour dans une promenade solitaire, au bord de la mer, lui fit entrevoir, au delà des clartés que lui donnait l'étude des philosophes, celles qu'il trouverait dans la lecture des prophètes. Il lut la Ulble. En se nourrissant des saintes Lettres, il comprit mieux comment la sagesse humaine lui avait paru si fade et si pauvre lorsqu'il lui avait demandé une raison de vivre. C'est lui-même qui nous a raconté ces choses dans des livres pleins de son expérience personnelle. 11 a aussi raconté comment la vue des chrétiens, persécutés pour leur foi, et bravant tous les périls pour rester fidèles à leur religion, Ut