‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 183 sur 413 · I. Leclbhcq, op. cit., I · texte numérisé non relu

I. Leclbhcq, op. cit., I

a. Renan a fait de vains efforts pour disculper Marc-.Vurèle, l'empereur philo- •opbc, de la mise à mort de Justin, le premier philosophe ihrétieB. Sa leutativa pour reculer le martyre de saint Justin jusqu'au règne d'.Vutoniu le Pieux, n'a pu* convaincu les savants. Voir Allah», tltst. des per$., I, aG5-a0tJ.

LA LUTTE

fet qui condamna Cécile à mourir, ordonna qu'elle serait asphyxiée

dans la salle de bains de sa maison *. Mais la sainte survécut à ce

supplice. Un licteur, envoyé pour lui couper la tête, lui entailla le Son martyre

cou par trois fois, et la laissa respirant encore. Elle agonisa pendant ^ ^ ''

trois jours. Les chrétiens l'enterrèrent dans un domaine funéraire de •

la voie Appienne.

Les Actes de sainte Cécile, rédigés après la paix de l'Eglise, dans un but d'édification, n'ont pas la même valeur historique, dans toutes leurs parties, que ceux de saint Justin. Mais le savant Jean- Baptiste de Rossi a pu, en effaçant quelques longs discours, évidemment amplifiés, et quelques circonstances qui lui ont paru légendaires, reconstituer historiquement le récit de l'arrestation, du procès et de la mort de sainte Cécile, et des découvertes archéologiques ont confirmé de tous points l'histoire de cette jeune martyre, si chère à la piété chrétienne ^.

Pendant que le plus pur sang romain était versé à Rome même pour la gloire du nom chrétien, le sang gaulois, grec, asiatique, coulait à flots, pour la même cause, dans la capitale de la Gaule lyonnaise.

La Providence a permis que l'une des plus belles scènes de martyre dont l'Eglise puisse se glorifier nous ait été conservée par une pièce dont l'authenticité défie toute sérieuse controverse : la lettre écrite en 177 aux Eglises d'Asie et de Phrygie par les Eglises de Lyon et de Vienne 3. Renan lui-même, en présence de ce mémo-

I. Voir dans Martignt, Dict. d'archt'ol. chrét., au mot Balneum, une figure faisant comprendre de quelle manière l'asphyxie pouvait être déterminée par un dégagement de vapeur brûlante dans une salie de bains de l'ancienne Rome. Cf. Allard, op. cit., 433-424.

a. Sur le rfnartyre de sainte Cécile, voir P. Allard, op. cit., I, 4i9-43o; Rossi, t. II, p. xxxni, i5o, i55, 161 ; Dom Guéranger, Sainte Cécile, Paris, 1874. On place la date du martyre de sainte Cécile de 177 à 180.

3. A l'exception d'Ernest Havet, dont on connaît les extraordinaires partis pris, tous les historiens des premiers siècles de l'Eglise, les anciens comme les modernes. Tillemont, Renan, Harnack, Aube, Gaston Boissier, Mgr Duchesne, etc., ont considéré cette lettre comme étant d'une authenticité incontestable. Un professeur de l'Université de Chicago, James Westfall Tompson, vient d'essayer de contester cette authenticité dans The American Journal 0/ Theology, t. XVI, juillet 191 a.

Les martyrs de Lyon (177).

Valeur

historique

de la lettre qui

nous

a rapporté

cet événement.

aaO HISTOIRE GENERALE DE L ÉGLISE

rable document, n'a pu relenir un cri d'émolion profonde. « C'est,

dit-il. un des morceaux les plus extraordinaires que possède aucune

litlLialure. Jamais on n'a tracé un plus frappant tableau du degré

d'enthousiasme et de dévouement où peut arriver la nature humaine.

• C'est l'idéal du martyre, avec aussi peu d'orgueil que possible de la

part du martyr *. »

La ville La ville (jg Lyon était alors la métropole administrative des trois

de Lyon vers . i V^ i , i n . - i • ,

U tin provinces des uaules. Les délègues de soixante-quatre peuples y

du ii« siècle, séjournaient, comme dans une ville fédérale ^. Le culte de Rome et d'Auguste, desservi par un grand prêtre, qui représentait les trois provinces gauloises ^, y était célébré avec la plus grande solennité. On eût dit qu'au moment où, dans la ville éternelle, la religion

Le paganisme romaine semblait reculer devant la philosophie envahissante, elle se * ^°'** reconstituait dans la grande ville gauloise un centre puissant *. D'autre part, le grand courant commercial établi depuis longtemps entre les ports de l'Asie Mineure et les villes gauloises de la vallée du Rhône était devenu, par la force môme des choses, comme un sil- Le Ion de fécond apostolat. Les chrétientés de Lyon et de Vienne se

c risiiam!,me grossissaient d'éléments syriens et phrygiens, qui leur apportaient, avec les traditions chrétiennes de l'Orient, un incessant regain de vitalité. Le vénérable vieillard qui gouvernait, au milieu du n" siècle, l'Eglise de Lyon, Pothin, et son principal auxiliaire, son bras droit, Irénée, étaient, l'un et l'autre, originjùres d'Asie ; l'un et l'autre avaient été disciples de Papias et de Polycarpe, lesquels étaient disciples de saint Jean, L'Eglise lyonnaise, non contente de se nourrir de la plus pure doctrine par une correspondance active avec les Eglises d'Asie, avait rayonné à son tour. Les monuments archéologiques semblent indiquer entre les Eglises d'Autun, de Lungres, de Chàlon, de Tournus, de Dijon, d'une part, et l'Eglise de Lyon,

p. 359-384. Son principal argument est qu'avant Eusèbe, c'est-à-dire a>ant le iv" siècle, aucun historien, soit païen, soit chrétien, n'a parlé des fidèles martyrisés à Lyon en 177. M. Paul Ai.lard, dans la Revue des quesl. hist. du !«' janvier i()i3, p. 53-67, réfute cette théorie paradoxale en montrant, après le P. de ^medt Principes de la cril. hist., ch. xni ut xivj, Hak^ack {Mission, 1, 38i), et Boissier (Fin du pagan., I, 24a-a47), que l'argument négatif ne saurait être par lui-même une preuve historique.

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