‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 185 sur 413 · EusàBE, H. E., \. V, ch. I, n · texte numérisé non relu

EusàBE, H. E., \. V, ch. I, n

a. Voir leurs noms dans le Martyrologe hiéronymien, édit. Rossi-Duchesne, p. 78, et dans Leclercq, les Martyrs, I, 106-107. ^" remarque que la moitié environ des niartjrs portent des noms grecs, la moitié des noms latins ; ce qui permet de conclure à une pareille proportion numérique dans la chrétienté lyonnaise.

3. Sur la distinction des Eglises de Lyon et de Vienne, admise par Harnack, Die Mission, n. 827, et niée par Mgr Ducheshk, Fastes épiscopaux, ae édit., p. 4i, voir E. Vacandard, dans le Bulletin d'ancienne littérature et d'archéologie, 191a, p. ia8i3i.

Situation respective de

l'Eglise et de l'empire

à la £n du ne siècle.

224 HISTOIRE GKNÊHAI.E DE l/ÉGLISE

habitait au milieu d'eux. » Les actes du martyre de sainte Félicité, ceux, du martyre de saint Justin, presque tous les autres actes de cette époque, se terminent par une doxologie triomphante : « Gloire à Dieu dans tous les siècles. » Des deux puissances qui s'étaient rencontrées dans la grande ville gauloise comme dans la capitale de l'empire, c'était la puissance chrétienne qui triomphait. L'empire touchait, de plus en plus, visiblement, à sa ruine. Marc-Aurèle s'en rendait compte. Le philosophe qui était en lui avait beau se raidir, par pur devoir, eu se disant : « Offre à Dieu, qui est au-dedans de toi, un être viril, prêt à quitter la vie, quand l'heure sonne *. » « Si ce méditatif, transformé pendant une partie de son règne en homme d'action, avait pu percer l'avenir, il eût prononcé avec plus d'amertume encore la parole qu'il dit au tribun, venu pour la dernière fois dans sa tente lui demander un mot d'ordre : « Va au Fin de soleil levant, moi je me couche. » De tous côtés, des peuples bar bares pesaient sur les frontières romaines. Derrière eux, la grande nation des Goths commençait à s'ébranler. Et sur tous ces peuples, qui allaient donner le coup de grâce au colosse romain, le soleil levant de l'Evangile jetait ses clartés. Peut-être l'empereur philosophe eut- il quelque pressentiment de l'avenir du monde, quand, à sa dernière heure, d'un geste plus désespéré que stoïque, il se détourna de son fils Commode, et se voila la tête, pour ne plus voir personne, et mourir seul 2. »

Commode Commode devait être l'antithèse absolue de son père, m Nul souci

{180-193). de la patrie, nulle politique, si ce n'est celle de tous les tyrans, qui consiste à confisquer et à proscrire, par haine, par peur et par avarice. Cependant, de ce despote niais et sanguinaire, les chrétiens eurent moins à souffrir que de ses honnêtes et intelligents prédécesseurs. Incapable d'une idée suivie, il fut à la merci des événements. Tantôt il semble que le génie paternel l'emporte, que l'impulsion donnée par Marc-Aurèle se continue : le sang des martyrs coule. Tantôt une influence plus douce, celle des serviteurs chrétiens de son palais ou la prière toute-puissante d'une femme aimée, fait pencher vers la clémence son âme mobile ^. » Les martvrB L'épisode le plus connu des persécutions qui sévirent sous son

scillitains règne est celui des martyrs scillitains, dont les Actes « sont comp-

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