l'iiEi'PKL, ibid., p. 3j
3. (Conformément aux paroles de la Sainte Ecriture : Christus heri, hodie et in tcecula (Ilcbr,, xui, 8). In ipso omnia constant. {^Coloss,, i, 17.)
LA LUTTE
qu'admirer la grandeur, tous les éléments objectifs et subjectifs d'une croyance à laquelle il voulait adhérer avec toute la soumission du fidèle sans abdiquer aucun des droits de sa raison philosophique, a été plus d'une fois trahi par ses forces, ou du moins n'a pas su trouver, pour exposer la foi catholique, ces formules précises que l'Eglise, assistée du Saint-Esprit, devait employer après lui ^ ?
Des défaillances d'expression et de pensée, plus frappantes encore et non moins explicables, se remarquent dans les écrits de Justin lorsqu'il parle de la Trinité, des anges, de la fm du monde. Nettement il professe l'existence d'un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. « Les néophytes, dit-il, sont baptisés au nom de Dieu, le Père de toutes choses, et de Jésus-Christ notre Sauveur, et du Saint- Esprit -. )) « Dans toutes les offrandes que nous faisons, dit-il encore, nous bénissons le Créateur de l'univers par son Fils Jésus- Christ et par l'Esprit-Saint. » Dans ces textes, Justin entend simplement exprimer et professer la foi de l'Eglise ; et rien n'est plus orthodoxe. Mais lorsqu'il entreprend des essais d'explication philosophique, il s'exprime, comme Hermas, en des termes que les décisions postérieures de l'Eglise ne permettraient plus d'employer. Entre le Père et le Fils, il semble admettre une certaine subordination, difficile à comprendre, dans l'unité parfaite de volonté et d'essence divine 3. H croit que les anges ont un corps aérien, et, « quoique des chrétiens orthodoxes pensent le contraire », il est convaincu que « la résurrection de la chair se prolongera pendant mille ans dans Jérusalem rebâtie * ». En d'autres termes, il professe, comme opinion particulière, le millénarisme.
Mais si les assertions de Justm ne peuvent être admises sans réserve quand il parle comme philosophe ^, elles doivent être accueil-
Le subordina-
tionisme
et le
millénarisme
dans saint Justin.
I, Voir sur ce sujet Freppel, Saint Justin, p. 224-227. a. Dial., 56, 60, 61, 126, 127 ; Apol., i, i3.
3. Sur le subordinationisme de saint Justin, voir Tixeront, Histoire des dogmes, . t î. p. 237-289.