I . Pascal, Pensées
a. Bossuet, Sermon sur la divinité de Jésus-Christ, icr point.
3. Hebr., i, i. « L'Eglise catholique, dit Bossuet, réunit en elle toute l'autorité des siècles passés et les anciennes traditions du genre humain jusqu'à sa première origine. » Bossuet, £)jsc. sur l'hist. univ., lie partie, ch, xxu.
Hist. gén. de l'Eglise. — I
INTRODUCTION
Division
de l'histoire
de l'Eglise
entendue
en un sens
large.
Ses grandes
périodes :
ftgi- patriarcal,
âge
mosaïque,
Age chrétien.
DifRcultés
de cette histoire.
en toutes choses, ont pu, selon les expressions du pape Pie IX, par la vertu de la lumière divine et de la grâce, acquérir la vie éternelle * ». « Si l'on entend par Eglise, dit Hurter, l'ensemble des appelés qui ont cru au vrai Dieu, l'Eglise a toujours existé *. » A ce point de vue, on a pu considérer l'Eglise « comme se présentant successivement sous trois formes. La première, universelle en principe, mais faite pour durer seulement jusqu'à Jésus-Christ, c'est l'Eglise patriarcale, c'est-à-dire l'ensemble des hommes qui, sans autre organisation que celle de la famille, sans autre secours que des débris de révélations plus ou moins altérées et des grâces plus ou moins conscientes, ont conservé la tradition de la vérité religieuse. La deuxième, essentiellement locale, c'est l'Eglise mosaïque, société spirituelle et temporelle tout à la fois, imposée au seul peuple juif, et dotée d'une organisation spéciale pour conserver efficacement la vérité jusqu'à Jésus-Christ. La troisième enfin, universelle et perpétuelle, c'est l'Eglise chrétienne proprement dite, ou catholique, société spirituelle, organisée pour embrasser tous les peuples et tous les siècles, et continuellement assistée pour l'accomplissement infaillible de sa mission ^. »
Il sera toujours difficile, même en profitant des grands progrès accomplis pendant ces derniers temps dans l'histoire, des religions, de réaliser le vaste plan d'histoire religieuse rêvé par Frédéric Ozanam et consistant « à dégager des traditions de chaque peuple l'élément immuable, universel, primitif * » qui est la vérité. Le chrétien « sait que des restes des vérités primitives subsistent encore, mêlés à de multiples erreurs, chez les peuples- étrangers au christianisme. Il sait que ces peuples ont une âme comme les peuples chrétiens eux-mêmes, des désirs, des aspirations religieuses bâties sur le même plan, faites pour la même fin. Il ne s'étonne pas. en conséquence, de voir ces désirs, ces aspirations se traduire par des institutions, par des rites analogues. Ce que lui-même cherche et trouve en vérité dans les dogmes, les rites, les sacrements chrétiens.
I. Pie IX, Encyclique Çuanto conyîeiamur, du lo août 1 863, dans Denzincek^ Bashwaht, n. 1677.
a. llunTER, Throloijiue ilugmaticae coinijenJium, 7«édit., t. I, p. 209.
3. Brvgère, Tableau de l'histoire et Je la lilt. de VtJ^Use, t. I, p. 3-4.
4. Oz.^N.\.M, Lettres, éd. de i8iji, t. I, p. 5-0, la, ib-aa.
INTRODUCTION
les autres peuples le cherchent aussi sans le trouver, et ils tâchent de suppléer par des essais, par des efforts, à la grande Miséricorde qu'ils n'ont pas reçue dans sa plénitude ^ ». Mais par là-même que la vérité religieuse se trouve fragmentée, dispersée et mêlée à toutes sortes de corruptions, son histoire offre des difficultés pratiquement insurmontables.
Ses grandes divisions.
L'âge gréco-romain.
Il n'en est pas de même de l'histoire de l'Eglise entendue dans Histoire 11 • 11 1- • . « 1- 1 iM • • ^^ l'Eglise
son sens le plus strict et le plus ordinaire, c est-a-dire de 1 histoire chrétienne.
de la propagation et du développement de la société visible fondée
par Jésus-Christ.
Cette histoire se divise naturellement en trois âges, déterminés par les trois sociétés que l'Eglise a eu successivement à pénétrer de son esprit : l'âge gréco-romain, le moyen âge et l'âge des temps modernes.
« Pendant l'âge gréco-romain, de Jésus Christ à la chute de l'empire, l'Eglise grandit à travers les luttes qu'elle a à livrer contre la violence et contre l'hérésie. L'empire s'affaisse, comme un moule dcjà trop étroit, et les Barbares se précipitent pour s'en arracher les débris.
« Pendant le moyen âge, de la chute de l'empire romain à la Le moyen âge Réforme protestante, l'Eglise travaille à former, puis à unir les peuples nouveaux ; mais son œuvre est contrariée par la résistance des passions humaines, et elle-même s'affaiblit à leur contact. L'œuvre de l'unité européenne restera inachevée et aura besoin d'être suppléée par le système de l'équilibre européen.
« Pendant l'âge moderne, de la Réforme protestante à nos jours, la résistance éclate, repousse l'action de l'Eglise de l'ordre temporel, l'altaque même, en plus d'un pays, dans l'ordre spirituel, et va remontant de l'Eglise à l'Evangile, puis de l'Evangile à Dieu. D'utiles
L'âge moderne.
I. Léonce de Grandmaison, Préface à Chrisius, manuel d'histoire des religions, Paris, 1912, p. A3-i4. Ce manuel, et un ouvrage plus étendu, paru en même temps. Où en est l'histoire des religions, fournissent les éléments les plus complets d'une histoire religieuse universelle.
INTRODUCTION
progrès extérieurs s'accomplissent, mais les âmes se vident et s'agiteut. L'Eglise se retrempe, se resserre et attend *. n
La vie
\e l'Egliso, témoignage
irréfragable de
notre foi » :
I" Par ses Iriompbes,
a" Par
ses bienfaits,
C'est en considérant ces diverses phases de la vie de l'Eglise que les Pères du Concile du Vatican ont pu voir en elle et nous engager à y admirer « un témoignage irréfragable de notre foi * » .
Ce témoignage de l'Eglise est multiple : il est dans ses triomphes ; il est dans ses bienfaits ; il est dans son admirable adaptation à la vie des sociétés qu'elle a traversées ; il est dans son immortelle survivance. Que l'Eglise ait, dans le cours des siècles, triomphé de tous les obstacles de la force, de la ruse et de l'intelligence, par des moyens qui eussent perdu toute autre société ; qu'elle ait discipliné et ennobli tout à la fois l'individu, la famille et la société ; c'est ce que ne conteste plus un homme de bonne foi, tant les faits qui le montrent sont éclatants. « Ce qui est admirable, dit Pascal, incomparable et tout à fait divin, c'est que cette Eglise, qui a toujours duré, a toujours été combattue. Mille fois elle a paru à la veille d'une destruction universelle ; et toutes les fois qu'elle a été dans cet état. Dieu l'a relevée par des coups extraordinaires de sa puissance ^. »
On connaît, d'autre part, la page célèbre de Taine, montrant dans le christianisme, à la lumière de l'histoire impartialement étudiée, « la grande paire d'ailes indispensables pour soulever l'homme au-dessus de lui-même, au-dessus de sa vie rampante et de ses horizons bornés », et, u chaque fois que ces ailes défaillent ou qu'on les casse, les mœurs publiques et privées se dégradant, la cruauté et la sensualité s'étalant, la société devenant un coupegorge et un mauvais lieu * ».
Un troisième caractère de la vie de l'Eglise, moins apparent au