Pascal, Pensées
4. Taine, les Origines delà France contemporaine, aa» édit., t. X.I, p. i4ft'i47-
INTRODUCTION
premier abord, a été plus récemment indique par le célèbre professeur protestant Adolphe Harnack. « L'Eglise catholique, dit-il, possède dans son organisation une faculté unique de s'adapter au cours historique des choses, en restant toujours l'ancienne Eglise *. »
Un rapide coup d'œil d'ensemble sur l'histoire de l'Eglise montre la parfaite justesse de cette observation.
Dans les trois âges qu'elle a parcourus jusqu'à nos jours, on a vu, en effet, l'organisation extérieure de l'Eglise s'assouplir et passer, suivant les lois des organismes vivants, par les trois phases successives de la formation, de l'apogée et du déclin ; mais son dogme, sa morale et sa hiérarchie, en sont toujours sortis avec leurs caractères identiques et une vitalité rajeunie.
Du i" au VI* siècle, en présence du monde gréco-romain, l'Eglise catholique porte d'abord son effort de propagande sur les grandes capitales : Athènes, Alexandrie, Rome, et sur les provinces romaines : Gaule, Afrique, Grande-Bretagne. C'est l'œuvre de ses missionnaires. En même temps, ses apologistes et ses docteurs traduisent son dogme dans le langage philosophique des Grecs, exposent sa morale et organisent sa discipline en s'aidant des formules juridiques de Rome. Le iv* siècle marque l'apogée de cette œuvre. La liberté de l'Eglise est proclamée en 3x3 par l'Edit de Milan ; le symbole catholique est fixé, en 325, au concile de Nicée ; la pensée chrétienne est exprimée dans les œuvres des Pères de l'Eglise : saint Athanase, saint Basile, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, saint Augustin, saint Jérôme. Mais au v^ et au vi' siècle, le monde romain se désagrège sous les coups des Barbares et sous l'influence de sa propre corruption. C'est le déclin. Saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire le Grand sont les témoins inquiets de cette décadence, et néanmoins travaillent à pr^ parer l'avenir.
L'avenir est aux Barbares. Du v* au xvi' siècle, une société nouvelle se forme, grandit et tombe à son tour. L'organisation extérieure de l'Eglise suit ces phases diverses. Après s'être fortifié à
3o Par
son admirable
adaptation
auï sociétés
qu'elle
a évangélisécs,
4° Par
son immortelle
survivance.
L'Eglise
pénètre
de son esprit
la société
grécoromaine, et survit à sa ruine.
L'Eglise organise chrétiennement les peuples da