‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 204 sur 413 · De anima, ni · texte numérisé non relu

De anima, ni

6. De anima, i, Adhémar d'-Ylès, la Théologie de Tertullien. i vol. in-8o, Paris, 1905, p. a.

■j. A. d'Alès, op. cil.

LA LUTTE

Utilisant les travaux de M. Noeldechen et de M. Monceaux, fixer d'une manière à peu près certaine la date des premières œuvres du célèbre prêtre africain. Il a dû composer en 197 ses deux Livres aux nations et son Apologétique ; en 197 et 200, son Témoignage de rame ; vers 200, «son traité de la Prescription *. Les Livres aux nations sont une apologie de la religion chrétienne adressée aux peuples païens ; l'Apologétique est un plaidoyer adressé aux magistrats provinciaux de l'empire ; le traité de la Prescription, son chef-d'œuvre, est dirigé contre toutes les hérésies. Déjà, dans ces premiers ouvrages, Tertullien dévoile son triple but : confondre le paganisme, réfuter le judaïsme et poursuivre les derniers restes de l'hérésie gnostique.

L'apologétique de Tertullien contient, parmi des beautés incomparables, des lacunes regrettables et des hardiesses suspectes. Lorsqu'il cherche un témoignage sincère sur l'homme, on peut trouver qu'il rejette avec un dédain trop absolu celtii de la philosophie ^ ; mais avec quelle pénétration et avec quelle vigueur il analyse les aspirations profondes de ce qu'il appelle l'âme des simples 1 « Les témoignages de l'âme sont d'autant plus vrais qu'ils sont simples., dit-il ; d'autant plus simples qu'ils sont vulgaires ; d'autant plus vulgaires qu'ils sont communs ; d'autant plus naturels qu'ils sont divins ^... Or ce qui vient de Dieu n'est jamais anéanti, mais seulement obscurci ; et le fond divin de l'âme éclate en des témoignages de cette sorte : Dieu bon ! Dieu voit cela , et Je me recommande à Dieu. Donc, quand l'âme parvient à la foi..., elle ne fait qu'apercevoir enfin toute sa propre lumière ^. »

On se tromperait cependant en croyant que, dans la voie qu'il propose pour conduire les âmes à la foi, Tertullien fait fi de l'élément rationnel ^. Sur la divinité du Christ, dont il fait le centre de toute son argumentation, il invoque, en somme, trois preuves : le témoignage des prophéties de l'Ancien Testament, le témoignage des miracles évangéliques et le témoignage des annales de l'Eglise primitive ^. Sans doute, dans l'exaltation paradoxale de sa verve hau-

Caractères

de son

apologétique.

Appel à l'âme des simples.

Ses trois preuves de la

divinité

de

Jésus-Christ.

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