Rossi, Bail, di arch. crist., 18G6, p. il
LA LUTTE
mouvement général ^. Or rien n'était plus cher aux chrétiens que le culte des défunts. Ils consacraient à l'ensevelissement de leurs frères disparus les aromates que les païens offraient à leurs dieux. « Les disciples du Christ, disait Tertullien, n'ont de luxe que dans la mort 2. )) L'Eglise se hâta de profiter des facilités que lui offrait le rescrit de l'empereur ^. Des cimetières devinrent la propriété d'associations funéraires composées uniquement de chrétiens *. Il est même vraisemblable que ceux-ci aient fait entrer dans le cadre d'une association de secours mutuels des institutions déjà fondées pour l'entretien du clergé ou l'assistance des pauvres^.
Le livre des Philosophoumena, publié vers 280, nous apprend que l'administration des cimetières appartenait à l'évêque ''. Thomassin a établi, d'une manière générale, que les évêques avaient alors une autorité souveraine dans l'administration des biens et des revenus de l'EgHse, lesquels étaient possédés par des communautés. Ils se faisaient aider, dans l'exercice de cette lourde charge, par les prêtres et les diacres de leur Eglise. Ceux-ci leur rendaient compte de leur gestion, mais les évêques n'avaient de compte à rendre qu'à Dieu 7.
« Les biens et les revenus ecclésiastiques formaient donc une masse commune administrée par l'évêque, seul titulaire de cette administration ; et l'évêque devait employer ces biens, au nom de la communauté, aux saints usages qui se rapportaient à trois chefs. Il devait entretenir Notre-Seigneur, en sa personne, présente au milieu de son peuple, par le culte ; en la personne de ses ministres, suivant cette parole : « Qui vous reçoit me reçoit » ; en la personne des pau-
Les collèges funéraires.
Administration des biens d'Egrlise.
Emplois de ces biens.
i.Allard, Hist. des pers., II, lo.