Philosophoumena, II, 12 ; P. G. , t. XVI, col
7. Thomassin, Ancienne et nouvelle discipline, Ille partie, 1. II ch. v.
Entretien
des ministres
du culte.
Fonction
sociale
de la propriété
individuelle.
vres, suivant cette autre parole : a Ce que vous faites au plus petit, vous le laites à moi-même *. »
Pendant les deux premiers siècles, le culte fut réduit à la plus grande simplicité. Quant aux ministres du culte, ils vivaient du fonds commun, avec les pauvres 2. Beaucoup avaient abandonné leur patrimoine pour vivre uniquement de rautcl. Ceux qui n'avaient point fait profession de ce renoncement étaient censés avoir renoncé par là même à leur part dans les distributions ecclésiastiques, et l'on mettait à la charge des clercs riches l'entretien des plus pauvres '^. Plusieurs, à l'exemple de saint Paul, travaillaient de leurs mains. En un mot, c le patrimoine ecclésiastique se confondait absolument avec celui des pauvres * » .
Rien n'est plus louchant que ce culte religieux de la pauvreté aux premiers siècles de l'Eglise. « De même, dit le Pasteur d'Hermas, que l'ormeau, qui semble stérile, s'associe à la fertilité de la vigne, de même le pauvre porte des fruits de prière qui appartiennent à lui et au riche qui le soutient... Leurs bonnes œuvres sont leur patrimoine commun devant Dieu ^ » .
Certes, il ne pouvait venir à la pensée d'aucun chrétien de nier le droit de la propriété individuelle. En maints endroits des saintes Lettres et surtout dans le Décalogue, le vol était montré comme un péché. Mais quel contraste entre la conception qu'avait alors le chrétien des richesses de ce monde, et celle que s'en faisait, à côté de lui, le païen 1 « Dans chaque cité, dit Fustel de Coulanges, le pauvre et le riche étaient deux ennemis qui vivaient à côté l'un de l'autre, l'un convoitant la richesse, l'autre voyant sa richesse convoitée. Entre eux nulle relation, nul service, nul travail qui les unît. Le pauvre ne pouvait acquérir la richesse qu'en dépouillant le riche. Le riche ne pouvait défendre son bien que par son habileté ou par la force. Ils se regardaient d'un œil haineux ^. »
I. Dom Gréa, Rapport présenté au congrès des jurisconsultes catholiques le a 7 octobre 1906, Revue catholique des institutions et du droit, 1906.
a. Didachè, ch. xiii; Funk., Patres apost., i, So-Sa.