Ep. à Diognète, v
3. Franz de Champagnt, la Charité chrétienne dans les premiers siècles de l'Eglise, I vol. in-i2, 2"' édit., i856, p. 82-88.
4. Quibas extera sacra aut nulla, dit le jurisconsulte Gassius dans le Digeste. « L'esclave ou quelque autre animal », dit le jurisconsulte Ulpien. « Les esclaA'es,
Amélioration des lois relatives
aux esclaves.
Hadrien, Antonin le Pieux et Marc-Aurèle portèrent quelques lois de détails, tendant à améliorer le sort des esclaves ; mais presque toutes ces lois furent aussitôt abrogées par le non-usage ; presque toutes, en effet, avaient le même objet, reproduisaient les mêmes dispositions *.
Le monde païen n'avait trouvé le secret, ni de donner à l'esclave une âme d'homme libre, ni d'inspirer au maître un sentiment de vraie et efficace fraternité envers son serviteur. L'Eglise chrétienne, au contraire, en prêchant la rédemption universelle par le Christ, en enseignant à tous l'obéissance et l'humilité de cœur, en même temps que le respect de la dignité humaine, pouvait sans danger faire retentir dans ses assemblées les paroles de saint Paul : « Nous avons tous été baptisés en un seul Esprit, Juifs et Gentils, esclaves et libres 2,.. Vous avez été rachetés d'un grand prix, au sang du Christ ; ne devenez jamais esclaves des hommes ^. » Quand un esclave chrétien, comme Marie *, Evelpiste ^, ou Blandine ^, versait courageusement son sang pour Jésus-Christ, l'Eglise se faisait une joie de l'honorer entre tous '', et un contemporain d'Hadrien, Hermès, converti par saint Alexandre, ne faisait courir aucun péril à l'ordre public en affranchissant à la fois, le jour de Pâques, i.25o esclaves. Ils étaient tous chrétiens, donc tous mûrs pour la liberté.
Peu à peu les mœurs chrétiennes exercèrent leur influence sur la société païenne elle-même, w Le progrès partit de l'Eglise, passa par la philosophie, arriva dans le droit, qui l'accepta sans se douter peut-être de son origine chrétienne ^. » Ces magistrats, qui avaient entendu les sublimes réponses d'un Evelpiste ou d'une Blandine, ces foules qui les avaient vus mourir, ne pouvaient rester totalement insensibles à de tels spectacles. Les idées de justice, de fraternité humaine, d'égalité des âmes devant Dieu, montaient des ergastules
les bétes et les autres choses », dit le jurisconsulte Gaius. <( Une tétc servile n'a pas de droits », selon le jurisconsulte Paul. Les esclaves paient à la douane le même tarif que les chevaux et les mules.
1, Voir P. Allaho, Esclaves, serfs et mainmor tables, ch. iv, édil. in-8 ', p. 6i-65.
a. 1 Cor., XII, i3.