‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 230 sur 413 · I. Tbrtcllien, Ad Scapulam, m · texte numérisé non relu

I. Tbrtcllien, Ad Scapulam, m

a. Ibid.

3. Hossi, Boll. di arch. crist., i863, p. 83; Boissun, Promenades archéologiques, p. loa.

LA LUTTE

Mais la bienveillance de Septime-Sévère, ne reposant m sur une conviction profonde ni sur un intérêt politique permanent, était fragile. Elle n'était pas même une garantie contre un caprice personnel de l'empereur ; elle laissait subsister le cours des calomnies populaires ; elle était à la merci d'une influence de cour.

Les classes élevées de la société, grâce aux travaux des apologistes du christianisme, avaient vu tomber leurs préjugés contre les mœurs chrétiennes ; mais d'infâmes calomnies étaient toujours colportées parmi le peuple. « Du sénat, de l'ordre équestre, du camp et du palais, disait Tertullien, ne sort aucune accusation contre nous ; c'est le peuple qui est notre grand délateur *. » « Nous sommes envahis, criait-on. Dans la ville, dans les campagnes, dans les villages, dans les îles, partout des chrétiens ^ ! » « Le revenu des temples diminue, disaient en gémissant les prêtres des idoles ; personne ne jette plus son obole dans le tronc sacré. » Le peuple de Carthage répétait à sou tour le cri du peuple de Rome : « Les chrétiens aux lions ! » , et cet autre cri, qui appelait la spoliation de la propriété des chrétiens et la dissolution des corporations funéraires : « Plus de cimetières ^ ! »

Si la dignité de vie des chrétiens qui vivaient à la cour s'imposait au respect de tous, cependant la réserve modeste et fière qu'ils gardaient en rendant hommage à l'empereur ^, ne pouvant dissimuler tout à fait leurs convictions sur le caractère presque idolâtrique des honneurs rendus aux Césars ^, les faisait regarder avec une sourde malveillance. Cette malveillance devenait parfois de la méchanceté. La célèbre caricature d'Alexamène adorant un crucifix à tête d'âne, découverte en i856 dans un appartement du Palatin, et, tout auprès, l'inscription Libanius episcopus, semblent être de méchantes railleries de quelques pages païens contre les pages chrétiens de la maison de Septime-Sévère ^. Les lettrés, nombreux à la cour, et venus de toutes

Mouvement

populaire

contre le

christianisme.

Sourdes malveillances

à l'égard

des chrétiens

vivant

à la cour.

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