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Tertullien, De idolâtrie, xv ; Ad uxorem, n

6. C'est l'opinion de J.-B. de Rossi. Voir la reproduction du graphique dans Marucchi, Eléments d'archéologie chrétienne, t. I, p. Sg. La caricature dont on parie ici est un dessin à la pointe, aujourd'hui au musée Kircher, à Rome, représentant un homme à tête d'âne, sur une croix, et à côté de lui un autre homme en prière, avec l'inscription : Alexamène adore son Dieu. L'hypothèse de Haupt, d'après laquelle ce graphique serait, non une caricature antichrétienne, mais une allusion au

L'impératrice Julia Domiia.

Son influence

sur

les lettrés.

Sa tentative

de syncrétisme

religieux.

Apollonius de Tjane.

Situation

juridique

des chrétiens.

les contrées de l'empire, paraissent s'être souvent livrés à des plaisanteries semblables. Une femme donna un lien à ces vagues rancunes, en créant un centre de ralliement pour toutes les religions qui étaient représentées à la cour. Ce lut l'impératrice elle-même.

Avant son élévation à l'empire, Septime-Sévère avait épousé la fille d'un grand prêtre du temple d'El-Gabal, àEmèse. Elle s'appelait Julia Domna. « C'était une personne de forte volonté, d'esprit distingué et de grande culture. Devenue impératrice, elle fut bientôt entourée de tout ce que l'empire comptait de beaux esprits. Cette foiiMiie, d'esprit pratique, <[\n oui volontiers gouverné l'Etat si on leùt laissé faire, ne pouvait négliger la situation religieuse. Elle y intéressa ses académiciens. Les progrès du christianisme devenaient chaque jour plus menaçants. Les vieux cultes ne lui opposaient qu'une résistance en ordre dispersé. IN'élait-il pas possible de les grouper autour de quelque idée, de quelque symbole, et de leur donner ainsi une sorte d'unité ?... L'impératrice avait trop de sens pour assumer elle-même le rôle de révélateur. Il fut dévolu à un personnage mystérieux, Apollonius de Tyane, que l'on savait avoir vécu au temps des Césars et des Flaviens. Il avait laissé, en Asie Mineure et autre part, la réputation d'un ascète pythagoricien, prédicateur ambulant et thaumaturge, d'autres disaient sorcier. Un des lettrés de l'impératrice, Philostrate, fut chargé d'écrire sa vie. Julia Domna avait par devers elle des mémoires, peu authentiques, d'un certain Damis, soi-disant compagnon d'ApollouSs. Elle les confia à Philostrate. Sur ce canevas, il broda largement, empruntant à droite et à gauche et prenant, jusque dans les évangiles chrétiens, les traits les plus propres à relever l'impoilance et les vertus du héros : son amour pour ses semblables, sa grande pitié des misères humaines, sa profonde religion, qui s'adressait à tous les dieux en général, et surtout au Soleil divin. Le livre fît fortune. Dans les milieux hostiles au christianisme, on aperçut bientôt quel parti pouvait en être tiré, sinon pour le syncrétisme païen, au moins contre la propagande chrétienne ^. »

Il faut bien remarquer que la persécution des chrétiens n'avait

t uUe de Tryplioii, n'a pas prévalu pa-^mi les savants. Sur les dilHcultés particulières qu(! rencontrèrent les chréliens dan» la fréquentation des écoles publiques, toxites païennes, et sur l'allit>ide do I l']f,'lise à cet éjçard, voir l'aul Allabi». au mol Instruction de la jeunesse d^ns le Dict. apol. de lu foicathul., t. 11, col. gi^D-gSÔ. 1. DicuES.^E, Jlist.anc. de l'Hylise, 1, 3t)J-3ti4.

LA T.UTTE

jamais été officiellement suspendue. Elle était négligée, non abrogée. En présence de dénonciations populaires, les magistrats pouvaient se croire en droit d'agir. Les dispositions de l'empereur les faisaient hésiter, du moins à Rome et en Italie, sous les yeux du prince ; mais en Afrique, il n'en allait pas de même. Les passions y étaient d'une vivacité extrême. On y voyait les païens inscrire sur les murs et promener par les rues le symbole sacrilège de la « tête d'âne * » ; d'autre part, des chrétiens, exaltés par les téméraires exhortations de Tertullien, allaient jusqu'à refuser le service dans les armées de l'empereur ; tel ce soldat dont le prêtre africain fait l'éloge dans son audacieux traité De corona miliiiim 2. La majorité des fidèles protestait avec raison contre ces compromettantes témérités ; mais Tertullien, de plus en plus excité, les glorifiait dans des écrits pleins de paradoxes et de bravades, dont les ennemis des chrétiens exploitaient la violence auprès de l'empereur.

Bref, clameurs populaires, habiles insinuations des lettrés de la cour, imprudences de quelques chrétiens à qui le fougueux polémiste donnait le ton, bien des causes concouraient à solliciter de l'empereur, au commencement du m* siècle, quelque mesure répressive à l'égard des chrétiens. Septime-Sévère céda à ces sollicitations. Il ne voulut rien innover pour ce qui concernait les chrétiens de race ; mais il résolut d'empêcher de nouvelles conversions. Pendant un séjour en Syrie, il porta un édit que son historien, Spartien, résume en ces termes : « Il interdit, sous des peines graves, de faire des juifs et des chrétiens ^. »

Septime-Sévère, en promulguant cet édit, en calcula-t-il l'immense portée ? « On doit y reconnaître, dit l'historien des persécutions, plus qu*une atteinte à la liberté de conscience : ce fut un édit formel de persécution. Jusqu'au commencement du ni* siècle, les lois existantes avaient paru suffire contre les chrétiens : elles avaient fait de nombreux martyrs. Cependant elles n'avaient pu entraver le développement de l'Eglise. Sévère se résolut à trancher dans sa racine im progrès dont s'inquiétait sa méfiante politique. Il défendit défaire des chrétiens, ou de se faire chrétien, car l'édit avait ce double

Persécution en Afrique.

Imprudences de Tertullien.

Septime- Sévère se résout à sévir contre les chrétiens.

Edit de 20a.

Sa portée.

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