‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 235 sur 413 · I. Sum et nominis mei sequor aurtoritatem ut si m Perpétua · texte numérisé non relu

I. Sum et nominis mei sequor aurtoritatem ut si m Perpétua

a. M. Diiruy a écrit : « Ciltc joiine fcinine (|iii va à la mort en marchant sur le cœur (Je son père est un héros d'une nature parliiulièro. » ^Diuuï, Histoire des Romains, t. M, p. 326-337.) '^'- ''""' Allard ri|iliquo avec à-propos : « Ou ces paroles ne veulent rien dire, ou elles signllient que, placé entre lo devoir do confesser sa foi et la crainte de contrislor ceui qu'il aime, lo vrai héro» doit repousser le devoir, » (.Vi.i.auu, Hisl. d^•s ^lers., II, iiO.)

LA. LUTTE

rompue. Soucieuse de mourir avec décence, Perpétue rassembla les plis de ses vêtements déchirés ; puis saisissant ses cheveux, que le choc avait dénoués, elle les rattacha sur son front par une agrafe, ne voulant pas, dans la fierté de son martyre, mourir les cheveux épars comme une femme en deuil. Quand vint le moment de recevoir, suivant l'usage, le coup de grâce, les martyrs se donnèrent tous solennellement, comme pendant le Sacrifice de la Messe, le baiser de paix. Puis chacun livra sa gorge au couteau. Le gladiateur chargé de frapper Perpétue tremblait ; son couteau, mal dirigé, s'abattit sur les côtes de la victime. Perpétue, plus ferme et plus calme que son bourreau, saisit la main qui la frappait d'une manière si maladroite, et fixa elle-même la pointe du poignard sur sa poitrine *.

Sainte Potamienne, qui subit le martyre à Rome vers le même temps, était une jeune esclave aussi pure que belle. Son maître avait conçu pour elle une violente passion. Furieux de ne pouvoir triompher de la vertu de son esclave, il la dénonça comme chrétienne. Elle comparut devant le préfet Aquila. Le magistrat la menaça de la livrer à la brutalité des gladiateurs. Rien n'ébranla la jeune fille. On la condamna à périr avec sa mère par le feu. Une chaudière, remplie de bitume enflammé, fut préparée près du tribunal. On y plongea lentement la jeune esclave, qui mourut courageusement au milieu d'horribles tortures ^.

Dans l'antique Eglise d'Alexandrie, saint Léonide, père d'Origène, fut décapité pour la foi ^. Bien d'autres chrétiens eurent le même

I. RuiNART, p. 95. Une des plus belles découvertes du R. P. Delattre, à qui l'histoire du christianisme africain est redevable de tant d'heiirensps révélations, se rapporte aux sept martyrs dont on vient de lire la glorieuse confession. A. la suite de longs et patients travaux, il a réussi, en 1906 et 1907, à déblayer, à Garthage, parmi des restes de construction presque entièrement détruites, près de sept mille fragments épigraphiques. Trente-cinq de ces fragments, patiemment rapprochés, ont enfin donné la précieuse inscription suivante : Hic sunl martyres SaUiriis, Saturnitius,Revocatus, Secundus, Félicitas, Perpétua. Voiries phases de cette découverte racontée par Dom Leclercq, au mot CarZ/ia^e. dans le Dict. d'arch. chrétienne^ t. II, col. 3a33-3a52.

a. EusÈBE, H. E., 1. VI, ch. v ; Palt.vdius, Histoire lausiaque, ch. m : Cf. Tili.e- MONT, Mémoires, t. III, note i sur sainte Potamieime

Page 1