‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 236 sur 413 · EusÈBK, H. E., 1. VI, ch. II · texte numérisé non relu

EusÈBK, H. E., 1. VI, ch. II

Hist. gén. de l'Eglise. — I 10

Martyre

de sainte

Potamieno*

à Roms.^

Les martvr»

de l'Asie et des Gaules.

inSlOIUE GE.NUnALE DE L EGLISE

Martyre

de

saint Ândéol.

sort. Dans les jeunes Eglises des Gaules, Félix, Fortunat et Achillée, apôtres de Valence, le prêtre Ferréol et le diacre Ferrutius, apôtres de Besançon, périrent aussi ffer la hache. Sur les bords du Rhône, au pays des Helviens, à Bergoïate, un missionnaire chrétien subit un supplice plus atroce. 11 s'appelait Andéol. La tradition raconte que l'empereur Septime-Sévère, longeant le Rhône pour aller faire la guerre de Bretagne en 208, aperçut à Bergoïate l'apôtre Andéol, qui prêchait l'Evangile au milieu d'un grand concours de peuple. C'était une désobéissance formelle à son édit. Furieux, l'empereur se serait élancé de son char, aurait fait étendre Andéol sur un lit de torture, puis lui aurait fait scier la tête avec un glaive de bois. « L'humble victime, dit Franz de Champagny, a aujourd'hui ce que n'a aucun César, un tombeau toujours debout et toujours visité, une cité qui porte son nom, des pèlerins qui l'aiment et qui le prient ^. » La cité de Bergoïate est aujourd'hui la ville de Bourg-saint- Andéol, dans le Vivarais.

Dispositions bienveillantes des quatre premiers successeurs de Septime- Sévère.

La persécution s'éteignit peu à peu après la mort de Septime- Sévère, qui arriva en l'an 211. Les quatre premiers successeurs de ce prince ne manifestèrent aucune disposition hostile à l'égard des chrétiens. Caracalla (21 1-2 17) semble avoir tenu de sa nourrice chrétienne * une instiijctive vénération pour les disciples du Christ. Elagabal (218-222) eut l'ambition de réunir tous les cultes sous le culte suprême du dieu syrien dont il portait le nom. Alexandre Sévère (222-235) honorait à la fois dans sa chapelle domestique, Abraham et Orphée, Apollonius de Tyane et Jésus-Christ^ ; sa mère Mammée fut en rapport avec saint llippolyte et Origène. « Ce dernier, dit Eusèbe, demeura même auprès d'elle un certain temps, et lui exposa un grand nombre de questions concernant la gloire de Dieu et l'enseignement divin. »

Les quatre poutifes romains qui gouvernèrent l'Eglise pendant cette période d'accalmie, ne furent point, pour cela, déchargés de

I, V. DE CiiAMPAONY. les Ct'suis du III» siècle, t. 1, p. u36. a. TEnrlJI.l.lE^, Ad Scd/xi/dni, ch. iv. 3. EusfeDE, IL E., I. VI, cil. XXI, n. 3.

LA LUTTE 291

tout grave souci. Peu d'époques furent, en effet, plus violemment Le pontificat

,,, ii''- 11- 1' ' p romain

troublées par les hérésies et par le schisme, et peu d épreuves lurent pendant cetta plus douloureuses à l'Eglise de Rome que la défection qui souleva période, contre elle le plus ardent de ses anciens défenseurs, Tertullien, et que les tristes événements qui firent, pendant vingt-cinq ans, d'un des prêtres les plus en vue du clergé romain, d'un futur martyr, saint Hippolyte, un antipape obstiné.

Les quatre pontifes furent à la hauteur de leur tâche,

Zéphtrïn, qui gouverna l'Eglise de ig8 à 217^, était un prêtre ^ajnt

d'origine romaine, simple, bon et charitable. Un écrit passionné de (108-317). l'antipape Hippolyte et les pamphlets montanistes de Tertullien, avec qui il fut en conflit, lui reprochent son inintelligence, son avarice et sa faiblesse à l'éq-ard de son secrétaire Calliste, dont il aurait subi l'ascendant dominateur. Ces accusations ne soutiennent pas l'examen impartial des faits. La vérité est que, dans ses décisions dogmatiques, il se préoccupa beaucoup plus de suivre la tradition que d'examiner les arguments philosophiques de ses contradicteurs ; de là le dédain à son égard de ceux qui se piquaient de science. On sait aussi que, recevant de nombreuses offrandes, il les dépensa généreusement pour les nécessiteux de Rome et du dehors ; de là l'accusation d'avarice portée contre lui. Il jugea à propos d'adoucir la rigueur excessive introduite dans l'Eglise à l'égard des adultères ; et cette conduite le fit taxer de condescendance coupable à l'égard des pécheurs. Quant à l'accusation de s'être laissé dominer dans son gouvernement par Calliste, elle tombe d'elle-même quand on considère que le prétendu usurpateur fut élu, à la mort de Zéphyrin, par l'unanimité du clergé et donna dans son pontificat de nombreuses preuves de sa modération et de sa sagesse 2.

Calliste I", Romain de naissance comme Zéphyrin, occupa le siège Saint

de Pierre de 218 à 222 ^. Hippolyte et Tertullien le dépeignent éga- (318-322). lement sous un jour défavorable. Mais, en examinant les faits mêmes que ces auteurs nous rapportent, et en les dépouillant seulement des interprétations malveillantes que l'esprit de parti leur a suggérées, on arrive à le disculper des graves accusations portées contre lui. Rien de plus mouvementé que la vie de Calliste. Esclave d'un haut fonc-

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