‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 240 sur 413 · Eusèbe, H. E., 1. V. eh. xvi, n · texte numérisé non relu

Eusèbe, H. E., 1. V. eh. xvi, n

HISTOIRE GEJiKRALE DE L EGLISE

Le

monlaaisme

est condamné

à Rome

par le pape

saint Zéphjrin.

Altitude

de l'Eglise

de Rome

cil face du

niontanisme.

tout des visions de Montan, des extases de Priscille et de Maximille, et des nombreux martyrs qu'ils prétendaient avoir parmi eux. Mais les défenseurs de l'Eglise hiérarchique leur opposaient hardiment la conduite scandaleuse de leurs chefs ', faisaient ressortir l'incohérence et la pauvreté de leurs prétendues révélations '^, contestaient le nombre et la qualité de leurs soi-disant martyrs ', leur opposaient enfin l'autorité de l'épiscopat *. Plusieurs conciles des évêques de Phrygie et des environs se réunirent pour les condamner. On en mentionne un à Icouium et un autre à Synnada ^.

Les évêques d'Occident, moins bien renseignés sur les origines de la secte, et mis en présence d'un montanisme adouci, qui ne se présenta d'abord que comme une doctrine de rénovation morale, furent moins prompts à le réprouver. Le pape Eleuthère, saisi de la difficulté par la lettre que lui envoyèrent, en 177, les martyrs de Lyon du fond de leur prison, ne paraît pas avoir tranché la question d'une manière définitive, non plus que son successeur Victor. Zéphyrin semble avoir hésité quelque temj s sur l'altitude à tenir. Tertullien raconte qu'il avait déjà envoyé des lettres de communion aux Eglises montanistes, lorsque, ayant reçu des renseignements nouveaux par un confesseur asiate, Praxéas, il revint sur sa décision et révoqua, avant même qu'elles fussent arrivées à destination, ses lettres pacifiques ^. Quoi qu'il en soit de ce point particulier, l'hérésie fut proscrite, et, au fond « ce qui importe, ainsi que le déclare justement un historien, c'est l'attitude générale de l'Eglise à l'égard du montanisme. Si intense que fût encore, au déclin du 11* siècle, la préoccupation du retour du Christ, si profond que fût le respect que l'on avait alors pour l'esprit prophétique et pour ses diverses manifestations, l'Eglise ne se laissa pas entraîner par Montan en dehors de ses voies ; elle ne voulut exclure ni le prophétisme en général, ni les espérances relatives aux derniers jours ; mais elle maintint sa tradition contre les aventures religieuses, et l'autorité de sa hiérarchie contre les prétentions de l'inspiration privée '' ».

I. EusÈBE, H, E., 1. V, ch. iviii, n. a, 3, 5, 6. a. Ibid., 1. V, ch. xvii, n. 5 ; l. XVIII, u. i. 3. Ibid.,\. V, ch. ivi, n. ao.

It. Ibid., 1. V, ch. XIX, n. a, 3.

5. IIiîfele-Leclercq, Histoire des conciles, t. I, iSg-iOo, lOi-iba.

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