‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 247 sur 413 · Eusèbe, //, fî., 1. VI. ch. 11, u · texte numérisé non relu

Eusèbe, //, fî., 1. VI. ch. 11, u

blêmes *... » Léonide modérait son ardeur, mais « on dit que le soir, pendant le sommeil de l'enfant, il allait près de lui, lui découvrait la poitrine, et, comme si l'Esprit divin en avait consacré l'intérieur, la baisait avec respect, et se réjouissait de son bonheur de père ^ ».

En 2o3, l'illustre chef de l'Ecole d'Alexandrie, qui professait sur le martyre des principes à la fois courageux et prudents, blâmant à la fois les lâches et les présomptueux 3, avait jugé opportun de se retirer en Cappadoce, auprès de son disciple, l'évêque Alexandre, dont il administra l'Eglise, après que celui-ci eut été emprisonné pour la foi. La grande école chrétienne fût peut-être restée longtemps muette, si l'évêque Démétrius n'avait songé à la confier à l'ardent disciple qui en était déjà la gloire. Origène avait à peine dix-huit ans. En pleine persécution, l'intrépide jeune homme, déployant une extraordinaire puissance de travail, réussit à grouper autour de sa chaire un nombre toujours croissant d'auditeurs. Son succès même lui fut une sauvegarde. Des hérétiques, des païens même, parmi les plus distingués de la ville, se montrèrent avides de l'entendre. Pour se rendre plus capable d'instruire un pareil auditoire, Origène résolut d'entreprendre une étude méthodique et approfondie de la philosophie ; et il choisit, pour le diriger dans cette étude, le fondateur même du néo-platonisme, Ammonius Saccas *. Il voulut aussi apprendre l'hébreu et se fortifier dans les connaissances philologiques. Un de ses élèves, Ambroise, mettait à son service ses grandes richesses, lui procurant les livres et faisant faire pour lui toutes les recherches dont il avait besoin.

Vers l'an 2 1 2 , il se rendit à Rome, dans le désir de connaître « la très antique Eglise des Romains ^ », comme il s'exprime lui-même. Puis, à partir de Tannée 2i5, sa vie fut extrêmement agitée. Une violente persécution des chrétiens l'obligea, cette année-là, à fuir en Palestine. Il y fut invité, quoique laïque, à faire des conférences aux fidèles dans les églises. Sa renommée était déjà si grande, qu'en 218, la mère du futur empereur, Alexandre Sévère, Julia Mammée, le manda à Antioche pour conférer avec lui de la religion chrétienne. Mais, en même temps, l'évêque Démétrius le blâmait d'avoir

L'évêque Démétrius

lui confie la direction

de l'école

d'Alexandrie

(ao3).

Il étudie la philosophie

sous

la direction

d'Ammonius

Saccas.

Sa grande renommée.

Il est ordonné prêtre.

Page 1