‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 250 sur 413 · Les Principes, m, i-aa. Ùî. m · texte numérisé non relu

Les Principes, m, i-aa. Ùî. m

LA LOTTE CyOg

s'il n'était pas complet. A la fin des temps, Origène entrevoit un renouvellement de toutes créatures, une sorte de retour à l'unité par une fusion de tout être créé dans l'Incréé, fusion qui n'est point l'absorption de Dieu dans l'homme, ni de l'homme dans Dieu, mais où cependant toute créature, même pécheresse, lentement purifiée par le feu vengeur, c'est-à-dire par la fièvre de son remords^, rentrera enfin dans l'amitié de Dieu. Alors la mort sera détruite, le corps spiritualisé, le monde matériel transformé, et il n'y aura plus partout que paix et concorde dans l'amour 2. Certes, en abordant ces dernières vues sur la consommation de toutes choses, Origène, dont l'œuvre est un singulier mélange d'audace et de timidité, hésite el s'humilie : « Toutes ces matières, dit-il, je ne les aborde qu'avec crainte et en usant de beaucoup de précautions. Je discute simplement, suivant mes forces, j'exerce mon esprit, sans vouloir rien établir de certain ni de définitif 3. » On sent pourtant que, s'il n'ose mettre toute son affirmation dans cette vision de la palingénésie suprême, il y met tout son désir et tout son cœur. ,

L'enthousiasme chez Origène n'eut jamais rien de factice. Ongèn* Repoussé d'Alexandrie, mais accueilli avec faveur par le» évêques de Palestine, il ouvre à Gésarée une école théologique dont le caractère scientifique est encore plus marqué que celui de l'école alexan-

drine. Origène commence par y enseigner la dialectique ; il continue L'école

1 , . 1 f r • 1» • • • 1 de Césarcc.

par la physique, la géométrie et 1 astronomie, pour traiter ensuite de

la morale, qui, dit un de ses auditeurs, « semble s'incarner dans le maître lui-même* ». De la morale, il passe à la métaphysique, expose tous les systèmes philosophiques, et recommande l'étude de tous les écrivains, ceux-là seuls exceptés, qui nient l'existence de Dieu et de la Providence ^. Le maître voit alors affluer à Césarée les plus illustres disciples, comme Grégoire, le futur Thaumaturge, et son jeune frère. G'est là qu'il publie ses plus grands travaux d'exégèse et le gigantesque monument de critique biblique connu sous le nom d'Hexaples. Son but est de rendre visible l'exactitude de Les Hexaple». la traduction dite des Septante, et de fournir une base sûre à la critique textuelle des Livres saints. Sur six colonnes, il place en regard

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