Casta Ecvlesiae Jogmata, Comment, in Uom., v, i
LA LUTTE
3ll
faux jusqu'au meusonge flagrant, plaisant jusqu'à la farce grossière, décèle pourtant un vaste savoir, une pénétration singulière, une habileté consommée*. Un seul homme est capable d'en présenter sans délai une réfutation complète, victorieuse ; c'est Origène. Il résiste quelque temps aux instances de ses amis, non par manque de courage, mais par conviction de l'impuissance de tout effort humain pour rétablir dans les âmes la foi ruinée ou ébranlée. « Ah ! s'écriet-il, si je pouvais pénétrer dans le cœur de tous ceux qui sont tombés sur l'ouvrage de Celse, en arracher les traits qui blessent les âmes peu munies de l'armure divine, et appliquer des remèdes spirituels sur les plaies que Celse y a faites parle poison de ses doctrines I... Mais il n'y a que Dieu qui puisse ainsi pénétrer invisiblement les cœurs*. » Il se décide pourtant, en pensant que « renverser les prétentions de Celse pourra au moins préparer les voles au triomphe de la vérité ^ », Dès la préface, Origène déclare comment il conçoit la vraie preuve du christianisme, celle qui n'est pas un jeu de l'esprit, celle qui peut faire passer l'homme de l'incrédulité à la foi, ou affermir le fidèle dans sa croyance. « J'ose le dire, déclare-t-il, l'apologie que vous me demandez fait du tort à celle qui réside dans la réalité. Elle obscurcit cette puissance de Jésus, si éclatante pour les âmes qui ne sont pas insensibles *. » Mais quelle est donc, au sens d'Origène, cette « apologie qui réside dans la réalité (tt)v IvtoTç itpaYfiafftv aTzoXoyiaw) » ? Ce qui manifeste, surtout à ses yeux, la vérité du christianisme, c'est la force morale et la perfection morale de l'Eglise. « Jamais, dit-il, magicien, par la vertu de ses prodiges, n'a excité les spectateurs à une réforme morale s. » La « doctrine des chrétiens, leur patience, leur obéissance aux lois, leur fermeté à mourir : tout démontre qu'ils ne doivent leur origine ni à un usurpateur ni à un séditieux ^. » « Les disciples de Jésus, ajoute-t-il, ont, d'après la promesse du Maître, accompli des miracles plus grands que les miracles de Jésus... Tant de gens qui étaient boiteux, selon ce que l'Ecriture nomme l'homme intérieur, se sont allègrement misa
Origène entreprend ie le réfuter.
La preuve
de la vérité
du
christianisme
par la vitalité
divine
de l'Eglise,
I. L'ouvrage de Celse est perdu, mais grâce à la méthode de son adversaire Origène, qui le réfute en le suivant pas à pas et en le citant textuellement, on a pu le reconstituer presque en entier.
presque a. Contre Celse, 1. V, ch. i.