Philosophoumena, ix, ii
4. BossuKT, Traité du libre arbitre, ch. iv, édit, Lebel, t, XXXIV, p. 4io-4ii.
Hippolyte
est élu antipape.
IlISTOinE GEMCRAI.E DE L EGLISE
Ses
accusations
contre
Calliste.
La controverse pénitentielle.
(îénéralisation du rigorisme pénitentiel.
de Zéphyrin, le clergé de Rome eut élu Calliste à sa place, Ilippolyte, refusant de le reconnaître, se laissa porter lui-même au gouvernement de l'Eglise de Rome par un parti schismatique.
Son opposition à Calliste fut acharnée et sans trêve. Le nouveau pape avait bien, dès le début de son pontificat, condamné Sabellius. Mais Hippolyle lui reprochait de n'être pas sincère, de n'avoir porté sa condamualiou que par pure politique, et de soutenir personnellement un monarchianisme à peine atténué *. Que faut-il penser de ces accusations P Elles reposent sur la seule autorité des Philosophoumena. « Il est bien remarquable que Tertullien, qui n'aimait pas Calliste, et qui lui a reproché bien d'autres choses, ne porte pas contre lui ces accusations. Le témoignage de l'auteur des Philosophoumena est isolé, et c'est celui d'un ennemi personnel. Dans ces conditions, jusqu'à nouvel ordre, et en se basant uniquement sur les faits, Calliste doit être considéré comme orthodoxe *. »
Mais à ces premières accusations portées contre le pape, vint bientôt se joindre un nouveau grief, et ici l'opposition violente de Tertullien se joignit à celle d'Hippolyte.
Nous avons vu que plusieurs Eglises, sans nier le pouvoir qu'a Dieu de remettre tous les péchés sans exception, refusaient l'absolution canonique à trois catégories de pécheurs : les apostats, les adultères et les homicides. En d'autres termes, « l'excommunication portée à l'occasion de ces trois péchés était perpétuelle ^ » . Au temps de Calliste, ce rigorisme s'était généralisé *. Il en résultait pour les chrétiens tombés, ne fût-ce qu'une fois, dans une de ces fautes, une situation pénible, et qui ne profitait pas généralement à la correction du pécheur. Condamnés à être pénitents toute leur vie, sans espoir de jamais rentrer dans la communion de l'Eglise, beaucoup se décourageaient, abandonnant une pénitence qui leur paraissait manquer son but. Calliste songea à remédiera cet état de choses. D'après un décret que nous ne connaissons que par Hippolyte et Tertullien, il statua que désormais les fornicateurs et adultères seraient soumis à une pénitence seulement temporaire, et, après son
I. Voir la description do ce monarchianisme «lodéré dans Duchesse, Orig. chn't., p. 3i6, et TuEiioNT, Histoire des dogmes, I, 3aG.
a. TixEiioNT, op. cit., p. 3ao-3ai ; o'àlès, op. cit., p. 3a-35.