I. S. Cyprien, Ep, lv
Forme légale
de la
propriété
occlésias tique :
i* Dans les
temps primitifs ;
a» Après le
rescrit
Ae Septime-
Sévère ;
3» Vers
le milieu du
■i» siècle.
conteste au milieu du ni* siècle, des difficultés surgissent lorsqu'il s'agit Je préciser le caractère légal de ces propriétés et de leur administration par les chefs des Eglises locales.
Les Jeux premières formes légales de la propriété ecclésiastique [)araissent avoir été la propriété individuelle et la propriété corporative par la constitution de sociétés légalement reconnues. Les premières assemblées chrétiennes s'étaient tenues dans la maison d'tm des frères, et les premiers cimetières chrétiens n'avaient été que les lieux Je sépulture de quelque patricien converti au christianisme. Quand l'Eglise eut des biens à elle, on les plaça parfois sous des noms individuels ; mais ce régime ne pouvait être que provisoire: trop de périls pouvaient résulter de l'apostasie du propriétaire nominal, ou de son simple caprice, ou de celui de ses héritiers. On l'abandonna bientôt. Nous avons vu que la législation de Septime Sévère .sur les collèges funéraires avait dû fournir aussi aux chrétiens uu moyen légal de se constituer des patrimoines. Les Eglises qui, dès le règne de ïrajan, recouraient à toutes sortes de ruses pour dissimuler leur vie sociale aux regards de la police S durent s'empresser de profiter de la forme légale que leur offrait le nouveau rescrit. Mais, ainsi qne nous l'avons constaté plus haut 2, ce procédé légal ne pouvait être une efficace sauvegarde qu'à celte condition, que le gouvernement ignorât ou fût censé ignorer l'existence d'un lien entre les divers collèges funéraires et d'une société supérieure qui les enveloppait tous. Celle ignorance et cette fiction d'ignorance, possibles au ii* siècle, l'étaient de moins en moins au cours du III* siècle. Peut-être faut-il admettre tout simplement que, dans les longs intervalles de paix dont les chrétiens jouirent pendant la première moitié du iu' siècle, les empereurs bienveillants tolérèrent ostensiblement ou même reconnurent formellement, quoique d'une manière tacite, et sans porter aucun édit ou rescrit en ce sens, le droit aux Eglises de posséder des immeubles à titro de sociétés religieuses, u Tolérer les chrétiens, c'était tolérer le corj)s des chrétiens ; persécuter les chrétiens, c'était persécuter l'être collectif qu'ils formaient nécessairement... Quand Gallien écrivait aux évêques de se faire rendre leurs églises, quand Aurélien faisait évincer Paid de Samosate de l'église d'Antioche, les chrétiens étaient sans doute bien fondés à se croire
I. Di'CHESNE, llist. ane. de l'Eglise, I, 38i, a. Voir plus haut, p. aCiy, iiolo /j.
LA LUTTE
autorisés, comme individus et comme corporation *. » C'est surtout sous Philippe que cette conviction dut s'établir d'une manière ferme."
Le gouvernement du même prince fut aussi très favorable à Expansion J extension géographique du christianisme. Origene constate, dans ° ° ^[^ son traité Contre Celse, que presque tout le monde connu des Romains christianisme, est évangélisé. Il cite seulement, parmi les nations auxquelles n'a pas été prêché l'Evangile : en Europe, quelques tribus bretonnes et germaines, des Daces, des Sarmates et des Scythes ; en Afrique, une partie de l'Ethiopie ; en Asie, les Sères, Indous ou Chinois *. Sous Philippe, le christianisme prit un tel développement dans les provinces voisines de la mer Noire, qu'on y frappa des médailles ayant d'un côté l'effigie de l'empereur et de l'autre un sujet religieux 3. Dans le même temps, une région du Pont, demeurée jusque-là des plus réfractaires au christianisme, se convertissait avec une rapidité merveilleuse. Saint Grégoire de Nysse raconte que saint Grégoire le Thaumaturge, en entrant comme évêque dans une des grandes villes de ce pays, Néocésarée, y avait trouvé environ dix-sept chrétiens ; quelques années plus tard, il y restait à peine le même nombre de païens *.
Plusieurs indices, d'une concordance frappante, portent aussi à croire qu'au temps de l'empereur Philippe le christianisme avait enfin pu pénétrer dans les plus hautes régions du monde officiel, dans la société Jusque-là fermé aux chrétiens, à cause des actes d'idolâtrie qui étaient romaine, demandés aux fonctionnaires impériaux. Les actes des saints Calocère et Parthène, martyrisés sous Dèce, disent que ces saints avaient fait partie de la maison du consul ^Emilianus, qui mourut chrétien l'année même de son consulat ^. Les découvertes archéologiques de .T.-B. de Rossi ^ et de M. Léon Renier ' sont venues confirmer l'exactitude de ce renseignement, jadis mis en doute par Tillemont ^,
Pénétration
du christianisme