‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 276 sur 413 · I. EusÈBE, H. E., 1. VI, eh. xli, n. ii-ia. a. Ibid., n. i · texte numérisé non relu

I. EusÈBE, H. E., 1. VI, eh. xli, n. ii-ia. a. Ibid., n. i

3^2 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l/ÉGMSF,

apporté par jamais persécution ne bouleversa plus profondément l'Eglise. Lescanpcrsécution ^^^^ *^^^ apostasies, le malaise profond qui en résulta dans l'Eglise, les efforts des lapsi ou « tombés » pour obtenir leur réconciliation, les controverses qui s'élevèrent sur ce point entre les partisans de la rigueur et les partisans de l'indulgence, les schismes qui s'ensuivirent, étendirent et prolongèrent le trouble produit par celte courte et violente crise.

Martyre du Systématique et froid, Dèce versait le sang en calculateur. Si le

in^F^ien ^^"^ politique de cet empereur le trompait, en lui faisant voir dans (janvier a^g). Ics chrétiens les ennemis-nés de l'empire *, il n'était pas en défaut en lui montrant dans l'évêque de Rome le chef suprême et indispensable de l'Eglise. Dèce avait pris possession du trône impérial en octobre 2/19 ; dès le 20 janvier, le pape saint Fabien subissait le martyre. Nous n'avons aucun détail sur sa mort ; nous possédons seulement la lettre écrite par saint Cyprien « aux prêtres et diacres résidant à Rome », qui lui avaient annoncé la douloureuse nou- Yelle. « Le bruit, encore incertain, de la mort de l'homme éminent, mon collègue, courait parmi nous, quand j'ai reçu la lettre que vous m'avez adressée et dans laquellevous me donnez les détails de sa fin glorieuse. La gloire en rejaillit sur vous, en même temps qu'elle nous encourage à la foi et à la vertu ^. «

C'était moins à la personne de Fabien que Dèce avait voulu s'attaquer, qu'à son autorité souveraine. Il avait moins voulu supprimer Interrègne ^^ homme qu'abattre une institution rivale. Pendant dix-huit mois, ''^ . c'est-à-dire tant que Dèce put résider à Rome, il réussit, à force de

dix-huit mois. i.- • 1 . », * 1

ruses, de mesures de terreur, d mtngues de toutes sortes, a empocher

I. M. .\uBif. dans l'EijUse et VElat dans la seconde inoilié du 111° siècle, p. ^, 7, i3, i/», et, plus récemmcMit, M. Bouché-Leclercq, dans son ouvrago Tlntulérance religieuse et lapolitlque, Paris, 191 1, ont voulu justifier Dèce et, en général, les empereurs persécuteurs par uup prêt' luluo nécessité de défense sociale. Certes, au milieu du iiic siècle, l'empire était l'ort menacé à l'extérieur par les peuples barbares qui se pressaient sur ses frontières ; mais les chrétiens étaient-ils pour quoique chose dans ces migrations des peuples ? L'em[)ire était au'si très menacé à l'intérieur par la diminution de l'esprit militaire et par l'abandon des carrières civiles do la part de l'aristocratie; mais si Commode, Caracalla et (iallien avaient dà successivement dispenser du service militaire les sénateurs, les déciirions den cités, presque toute la bourgeoisie, si on avait enfin aboli le service militaire obligatoire, jusqu'à u'avoir plus que des « soldats an rabais », suivant l'expression de M. Dunm (Hist. des Humains, VI, 366), si, dès le règne de Trajan, il avait fallu contraindre les riches à être décurions, édiles ou dnunivirs, était-ce la faute de l'KglisePM. Littré est bien plus dans la note juste en écrivant que « si le christianisme n'avait pa* eu son avènement, comme le pouvoir impérial n'était capable do rien soutenir et vivifier, il y aurait eu stagnation profonde, » (l.iTTHé, Etudes sur les Barbares, p. 37.)

a. Saint Cyimuen, Ep. m.

LA LUTTE

l'élection d'un successeur au pape martyr. Ce ne fut qu'au printemps de 25 1, lorsqu'il dut partir en Mésie pour combattre une invasion de Goths, que les chrétiens se sentirent assez libres pour élire un successeur à saint Fabien.

Parmi les autres victimes de la persécution de Dèce en Italie, la tradition place l'illustre martyre de Catane, sainte Agathe. « Le récit qui nous est parvenu de son martyre est l'œuvre d'un écrivain de Martyre de basse époque... Cependant quelques traces exactes paraissent avoir sainte Agathe. été conservées. On aurait bien de la peine à ranger parmi les inventions du narrateur les sublimes réponses d'Agathe aux interrogatoires du gouverneur de Sicile. « Quelle est ta condition ? lui demande le juge. — Je suis de condition libre et de condition noble, toute ma parenté en fait foi. — Si tu es d'une si noble et si illustre famille, pourquoi mènes-tu la vie basse d'une esclave ? — Je suis servante du Christ, et par là de condition servile. — Si tu étais vraiment d'une famille noble, tu ne t'humilierais pas jusqu'à prendre le titre d'esclave. — La souveraine noblesse est d'être esclave du Christ *. » Rien n'est plus conforme aux sentiments et au langage des chrétiens de cette époque, qui se plaisaient parfois à prendre, par humilité, le titre et la manière de vivre des esclaves *.

En Grèce, où les chrétiens, plus amollis que partout ailleurs, Martyre apostasiaient en masse, abandonnés par leur évêque Endœmon, qui ^^ '""* Pioeo passa, dit-on, au sacerdoce païen, trois chrétiens donnèrent l'exemple compagnoiis. d'un courage admirable. Le 28 février 260, jour anniversaire de la mort de saint Polycarpe, disent les Actes, le prêtre Pione célébrait le sacrifice en l'honneur des martyrs, en présence d'un chrétien, Asclépiade, et d'une chrétienne, Sabine. Sabine était cette esclave que les chrétiens avaient arrachée à son injuste maîtresse païenne. Elle s'était retirée à Smyrne, chez le saint prêtre Pione, ancien rhéteur célèbre par son éloquence, mais surtout admirable par sa vertu. « A peine la prière eucharistique était-elle achevée, continuent les Actes, à peine les assistants avaient-ils mangé le pain et le vin consacrés, que l'officier municipal Polémon entra dans l'appartement, suivi de plusieurs hommes de la police. Dès qu'il aperçut Pione, il lui dit : « Vous n'ignorez pas le décret impérial, qui vous ordonne de sacrifier. » Pione répondit : « En fait de décrets, nous ne con-

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