Ep. xii {Inter Cyprianicas
LA LUTTE
clergé et les confesseurs *, auraient mis fin à tout conflit, si le but des meneurs n'avait pas été de susciter à tout prix des difficultés à l'évêque de Carthage. Le confesseur Lucien écrivit à Cyprien, au nom d'un groupe de confesseurs, une lettre insolente ^. Les billets de réconciliation furent multipliés à profusion. On en fit le trafic. Ce fut, suivant une expression pittoresque de Cyprien, « la foire aux billets ^ ». La manœuvre était de coaliser contre l'évêque à la fois les confesseurs et les tombés ; ceux-là en les décorant d'une autorité souveraine, ceux-ci en leur offrant au rabais le pouvoir d'échapper à la pénitence qu'ils avaient encourue.
Il no. restait plus qu'un pas à faire: organiser un schisme. Ce pas fut franchi vers la fin de 260. Les cinq prêtres qui n'avaient cessé de conspirer contre Cyprien en formèrent le noyau ; Novat en fut l'âme ; un riche laïque, de mœurs suspectes, mais influent par sa fortune et par sa position sociale, Félicissime, en fut le chef nominal. Cyprien convoqua aussitôt à Carthage une réunion d'évêques de la région. L'objet du concile était de préparer son retour en dissipant le schisme. Félicissime et ses amis ne voulurent rien entendre. Le concile prononça contre eux l'excommunication. Novat partit alors pour Rome. Il ne tentait rien moins que de se ménager un appui dans l'Eglise romaine.
L'apaisement progressif de la persécution permettait, en effet, d'espérer que l'interrègne pontifical touchait à son terme et que l'on pourrait bientôt procédera l'élection de l'évêque de Rome : le futur successeur de saint Pierre devait être « le pape des confesseurs », « le pape des martyrs ». C'est ce que Novat répétait en arrivant dans la Ville éternelle. Il y trouva la division. Parmi les candidats à la tiare se trouvait un prêtre savant *, mais rompu à l'intrigue, Nova-
Le schisme de Félicissime.
Un concile
de Carthage excommunie Félicissime.
Novat à Rome.
I . Deux lettres de Rome, portées à la connaissance de toutes les Eglises, renvoyaient Ja cause des lapsi au jugement des évêques, qui décideraient une fois la paix établie. On ne pourrait réconcilier auparavant que ceux qui se trouveraient en danger de mort.
a. Ep. ivi {Inter Cyprianicas).