‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 285 sur 413 · S. CyPRIEN, Ep. XLI, LIX · texte numérisé non relu

S. CyPRIEN, Ep. XLI, LIX

Hist. eén. de l'Eglise. — 1

Saint Den\s d'Alexandrie.

dédiait son encyclique « à ceux qui sont restés fermes dans l'Evangile ^ ».

Le péril était grave. Un concile présidé par Corneille avait con- Conclamnation damné la doctrine de l'extrême indulgence ; un nouveau concile

du schisme , ii-in» • o- »» »•

novatien condamna la doctrme de 1 extrême rigueur, soixante eveques, reunis

par un concile à Romc, sans compter les prêtres et les diacres qui accompagnaient romain. » • i , , , < xt • ^\ ,

OU représentaient leurs eveques, réprouvèrent INovatien, ses adhérents et sa doctrine.

Mais les dissidents ne reconnaissaient pas l'autorité de Corneille ni de l'assemblée qu'ils appelaient « son concile ». Il fallait les convaincre, réfuter leurs erreurs, démasquer les sophismes de leurs chefs, faire briller à leurs yeux la vérité et la leur faire aimer. Cyprien de Carthage et Denys d'Alexandrie assumèrent cette tâche.

Nous connaissons Cyprien. Denys, qu'Eusèbe et saint Basile n'appellent que Denys le Grand, fut, après Grégoire le Thaumaturge, le plus brillant disciple d'Origène. Il était né à Alexandrie, d'une famille distinguée, mais païenne. Les leçons du Didascalée l'éclairèrent sur la vérité du christianisme. Il se convertit, et fut bientôt élevé au siège épiscopal de sa ville natale. Comme Cyprien, il avait jugé prudent de se dérober par la fuite aux persécuteurs. Il devait plus tard montrer, comme l'évêque de Carthage, qu'une basse crainte n'avait été pour rien dans sa détermination. A part quelques débris, sauvés par Eusèbe, la plupart des ouvrages de Denys le Grand ont péri. L'auteur de l'Histoire ecclésiastique nous dit qu'il écrivit beaucoup sur la Pénitence, au sujet des tombés. Il y exprimait une doctrine conforme à celle du pape Corneille et de saint Cyprien. Il combattit avec zèle l'Eglise novatieuue établie à Antioche -, rendit compte à Corneille de ses travaux contre l'hérésie, et écrivit à Novatien lui-même la lettre suivante, qu'Eusèbe a insérée dans son Histoire. Sa tendre charité ne s'y révèle pas moins que sa foi profonde. « Denys à Novatien son frère, salut. Si c'est malgré toi, comme tu le dis, que tu as été entraîné, montre-le en revenant à nous spontanément. Ton devoir était de souffrir plutôt que de déchirer l'Eglise de Dieu. Si c'est un martyre glorieux que de tout affronter pour ne pas adorer les idoles, c'en est un plus glorieux

I. Plebi in Evangelio prrslanti salutuni. Dédicace du De cibi»,

a. ËLSÈBK, //. É., 1. M, cil. ILM, 11. 1-5.

LA LUTTE

L'Eglise, dit-il, pour père, s'il

encore, selon moi, que de tout supporter pour ne pas faire de schisme. Dans le premier cas, on est martyr pour son âme seule ; dans le second, on l'est pour toute l'Eglise. Et maintenant, si tu es convaincu, efforce- toi d'amener tes frères à l'union. Cet acte de vertu sera plus grand que ton péché. Si tu es impuissant auprès de ceux qui ne se laissent pas persuader, sauve avant tout ton âme. Je prie pour que tu te portes bien et que tu obtiennes la paix dans le Seigneur *. »

Quant à saint Cyprien, le schisme de Novatien fut l'occasion pour Saînt Cypricn lui d'écrire son immortel traité De unitate Ecclesiœ. est l'épouse du Christ. « Nul ne peut avoir Dieu n'a pas l'Eglise pour mère, Habere non potest Deum patrem qui Ecclesiam non habet matrem^. » Or l'Eglise est une. Saint Cyprien établit l'unité de l'Eglise sur deux fondements. Le premier est la parole du Christ à saint Pierre : Tu es Petrus. Par cette parole, Jésus-Christ a fondé TEglise sur un seul homme. Le second fondement est ce fait, que les dons faits par Jésus-Christ, particulièrement le baptême, le sacerdoce et l'autel, appartiennent à l'Eglise légitime et à nulle autre. L'interprétation de ce second principe donnera lieu un jour à la controverse baptismale. Cyprien conclut que les fauteurs de schisme n'ont pas d' excuse. Les moins excusables sont ceux qui, dans la persécution, se sont montrés de courageux confesseurs de la foi. Cette dernière réflexion était un coup droit aux confesseurs que Novatien avait entraînés à sa suite et dont il aimait à faire valoir l'autorité ^. Il s'adressait aussi aux partisans

compose,

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les novatlens,

son traiié

De unitats

Eeclesiœ.

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