‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 287 sur 413 · fip. Lxxiii · texte numérisé non relu

fip. Lxxiii

Eglise invisible, dépendant des dispositions intérieures du ministre et du sujet. Pourquoi ne pas étendre à l'ordre, à tous les autres sacrements, et à tous les rites capables de donner la grâce, la théorie proposée pour le baptême ? Les théories de W iclef et de Zwingle étaient au bout d'une pareille argumentation. Un concUe Fort de ces arguments, qu'il croyait invincibles *, Cyprien réunit,

cn*^55^^' ^ l'automne de 255, un concile à Carlhage, y fit prévaloir son opise prononce nion et communiqua hardiment à l'Eglise de Rome la sentence coule sens' de biliaire. Il y voyait, sans aucun doute, un argument de plus en faveur saint Cyprien. de celte unité et de cette sainteté de TEglise, qu'il avait tant à cœur • de défendre et de faire prévaloir.

Le siège de saint Pierre était alors occupé par le pape Etienne. Corneille, exilé à Centumcellae (Civita-Vecchia), en 252, y était mort martyr en 2 54. H avait été remplacé, peu de temps après sa Saint Lucius, mort, par Lucius. La durée du pontificat de ce dernier est incertaine, pape (a54). Nicéphore lui donne à peine six mois de règne ; Eusèbe, huit mois. D'après saint Cyprien, il aurait écrit plusieurs lettres sur la manière dont il fallait agir à l'égard des chrétiens tombés durant la persécution -, mais ces lettres sont perdues. Nous savons aussi qu'il fut banni aussitôt après son élection. Saint Cyprien, ayant appiis à la fois les deux événements, lui écrivit une lettre de félicitations et de condoléance 3. Son exil ne fut pas de longue durée ; il lui valut, de la part de saint Cyprien, le titre de martyr, qui ne doit pas être pris, en ce qui le concerne, dans son sens le plus strict. Saint Etienne, On lui donna pour successeur un prêtre romain, Etienne. C'était pape mj homme charitable et pacifique. Au témoignage de saint Den\s

d'A.lexandrie, il maintint l'antique renommée de l'Eglise romaine en pourvoyant, avec une sollicitude paternelle, aux besoins spirituels des Eglises, même les plus lointaines. Très pénétré du respect des choses saintes, il défendit aux prêtres et aux diacres, nous dit le Liber pontijicalis, de, se servir des vêtements liturgiques en dehors de

I. Cyprien, qui, dans ses polémiques, opposera à la tradition romaine la tradition • africaine, fait ici peu de cas de l'argument traditionnel. .Von est de c»nsuetudii>e prsescribendum, dit-il dans une phrase à la Tertullion, sed ratione vincendum. {Ep. nxi, a-3.) Un historien protestant, Hugo Koch, dans son étude Cyprian tind der neniisthe primat, Leipzig, igio, prétend voir dans ce texte une négatiotj radicale do la piiniauté romaine. Le contexte indique plu tiU le sens suivant : représenter la Iradiliou^ jiiiiir de l'autorité, ne dispense pas d'avoir raison. (Cf. U. IliiUMEK, dau» le HuU. d'une, lilt., 191 1, p. 74.)

a. Saint CïPiuF.N, Ep. i.wu.

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