‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 288 sur 413 · Ep. LKI · texte numérisé non relu

Ep. LKI

LA LUTTE

t'église. Son caractère conciliant, temporisateur, contrastait avec celui de l'évêque de Garthage, prompt à la décision et à l'action. Cetlp. diversité devait amener entre Etienne et Cyprien des conflits regrettables.

Le pontife de Rome et l'évêque de Garthage se préoccupèrent, avec des vues parfois divergentes, mais avec un égal souci du bien des âmes, de régler la situation faite à deux diocèses d'Espagne, celui de Mérida et celui de Léon et Astorga, par la défaillance de leurs évêques, Basilide et Martial. Geux-ci avaient demandé ou accepté des certificats de sacrifice. Cyprien, indigné d'un pareil scandale, demanda au pape leur déposition. Etienne se rendit aux justes raisons de l'évêque de Garthage. Les deux évêques furent déclarés indignes de l'épiscopat. Peu après, Cyprien appelait avec vivacité * l'attention du pape sur un péril tout opposé. L'évêque d'Arles, Marcien, gagné au novatianisme, en appliquait rigoureusement les principes, refusant tout pardon aux lapsi. Nous n'avons pas la réponse d'Etienne, mais il dut également faire droit à la requête de Cyprien et déposer Marcien, car le nom de celui-ci ne se retrouve pas dans la liste des évêques d'Arles *.

Le souvenir de propos un peu vifs échangés dans ces deux affaires eût-il une influence sur l'attitude du pape lorsque les délégués de Cyprien arrivèrent à Rome pour lui notifier la décision du concile de Garthage ? On l'a conjecturé sans en présenter des preuves décisives. Ce qui est certain, c'est que les envoyés de Garthage furent reçus froidement à Rome ^. L'Eglise romaine avait, sur la question du baptême des hérétiques, une tradition immémoriale ; il est même probable qu'une décision formelle du pape avait depuis peu solennellement confirmé cette tradition *. Ajouterons-nous que le pape et ses conseillers voyaient, comme nous les voyons aujourd'hui, après le protestantisme et le jansénisme, après le concile de Trente et le concile du Vatican, les vices et les périls de la théorie proclamée par Cyprien ? C'est peu probable. En présence des arguments de l'évêque de Garthage et de la décision du concile africain, le pontife romain

Premières

divergences

entre le papa

et saint

Cyprien.

Saint Etienne,

au nora

de la tradition,

défend

de réitérer

le baptême

des hérétiques

repeutfints.

I. Ep. Liviii. La lettre est fort pressante, jusqu'à paraître peu respectueuse.

a. TiLLEMo:<T, Mémoires, t. IV, art. 34 sur saint Cyprien.

S.DccHESNE, t. I, p. 419-421. Firmilien de Césarée, chaud partisan de Cyprien et, par conséquent, suspect de quelque exagération, dit tenir d'un diacre, Gratiauus, que les légats de l'évêque de Carthage ne furent pas admis à voir Etienne, et cju'op traita Cyprien de faux prophète. [Ep. lxxv, aS.)

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