‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 289 sur 413 · B /lti¥ FOL j Eglise naissante, p. 4fi · texte numérisé non relu

B /lti¥ FOL j Eglise naissante, p. 4fi

.Vfkil innovetur

nui quod

irmhtum est.

Protestation de saint Cypriea.

Un second

•onciie de Cartkage se prononce

se contenta d'invoquer la tradition et d'en prescrire impérativement l'observance. Nous n'avons de sa lettre que ce passage décisif: « Si quelqu'un vient à vous de l'hérésie, vous ne devez rien innover de contraire à la tradition en vigueur ; vous vous contenterez de lui imposer les mains pour la pénitence *. »

La tradition invoquée ici par Etienne n'était pas seulement celle de Rome, c'était aussi celle d'Alexandrie et de toute l'Egypte, de Jérusalem et de la Palestine ; en somme, des principaux centres catholiques. Quant à Cyprien, il ne pouvait pas même invoquer l'unanimité de l'usage en Afrique, car, au concile de 255, les évêques de Numidie en avaient énergiquement appelé à une ancienne tradition contraire à celle de Carthage *. Antioche, il est vrai, la Syrie du nord et certaines contrées de l'Asie Mineure suivaient l'usage carthaginois. Quoi qu'il en soit, le pape, faisant appel à l'autorité que lui donnait sa chaire épiscopale 3, donna l'ordre à l'Eglise de Carthage de suivre ce qu'il jugeait être la tradition.

La décision du pape n'était pas une définition dogmatique, mais un commandement d'ordre disciplinaire adressé à une Eglise particulière. L'évêque de Carthage crut devoir protester. Il le fit avec la vivacité qui était dans son tempérament. Cyprien ne niait point l'autorité suprême de l'évêque de Rome, mais il pensait que, dans une question pareille, « chacun des chefs d'Eglise est libre de conduire son administration comme il l'entend, sauf à en rendre compte au Seigneur* ». L'intervention d'Etienne lui paraissait un empiétement sur ses droits à lui. Il réunit, le i" septembre 256, un second concile. Quatre-vingt-sept évêques étaient présents. Cyprien prit le premier la parole : « Nous n'entendons juger personne, dit-il, ni

I, Ep. LTxiv, T. C'est le fameux texte : Nihil innovetur nisi quod trad-tum est. Tillemont, Bossuet, et plusieurs autres à leur suite, ont entendu le texte en ce sens qu'on ne doit « rien renouveler que ce que la tradition veut qu'on renouvelle », c'est-à-dire qu'on doit renouveler l'imposition des mains seulement, et non le baptême. Ce n'esA pas l'interprétation que los contemporains ont donnée à la phrase nihil innovetur, etc. Le pape pose un principe général : il faut s'en tenir à l'usage traditionnel et, par conséquent, ne rien innover. C'est le sens que donne de ce passage EusèBE, //. E., 1. VII, ch. m. Saint Vincfnt de Lérins. en reprenant la phrase de saint Etienne dans son Commonilorium, 1. I, ch. vi, lui donne aussi le nièuie sens. — Cf. S. Cyprien, Ep. lxxiv, a ; lxx, 5 ; De rebaptisinate , i. Voir Saliet, les Réordinations, p. aa-a8.

a. Dicunt se in hoc oeterem consuetudinem sequi, dit Cyprien, ted non est de consuetudine prxscribendum... (Ep. lxxi, !\.)

3. Nous connaissons ce détail par Firmilien. S. Ctprjbh. Ep. lxxv, 5 [Inter cypria-

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