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Trebellius PoLLioN, GalUeni duo ^ 16, 17, ai

HISTOIRE GÉNÉRALE DR i/kGLISE

Les chrétiens

sous

les « Trente

tyrans ».

L'Eglise profile d'une [îalx relative

pour se réorganiser.

Saint Denys,

pape (359-268).

vernement indépendant de Posthume ; une puissante confédération se formait en Orient sous Odenath et Zénobie ; l'Efi^yple et les provinces danubiennes se donnaient des maîtres. Ce fut l'ère des a trente tyrans^ ». Un seul d'entre eux, Macrien, qui prit le gouvernement de l'Ep^ypte, se montra nettement hostile aux chrétiens, mais il ne put détruire la grande influence que ceux-ci s'y étaient acquise par leur science et leurs vertus et qui faisait d'eux, aux heures du danger, des médiateurs tout puissants. Un épisode, que nous rapporte Eusèbe, en est un exemple vivant. Pendant que les légions romaines assiégeaient Alexandrie, deux chrétiens éminents et universellement vénérés, Eusèbe, qui fut plus tard évêque de Laodicée, et Anatole, qui le remplaça sur le même siège, se firent les intermédiaires entre les Romains et les Alexandrins, et sauvèrent ainsi de la mort un grand nombre d'assiég;és -.

En somme, si l'on excepte trois persécutions, courtes et localisées : celle qui sévit en Egypte sous Macrien, celle qui éclata en 269 sous Claude le Gothique, et celle que déchaîna, en 274, unédit d'Aurélien, mais qui fut aussitôt arrêtée par sa mort, les chrétiens jouirent, pendant plus de trente ans, de 260 à 295, d'une paix relaff^e.

L'Eglise profita de cette période de paix pour se réorganiser. Le siège de saint Pierre était resté vacant pendant une année après la mort de Sixte IL Au mois de juillet 269, les suffrages du clergé de Rome lui avaient donné pour successeur le prêtre Dents.

Le nouveau pontife était intimement lié d'amitié avec son homonyme l'évêque d'Alexandrie. Cette intimité ne l'empêcha pas de demander des explications à son collègue, le jour o^ celui-ci lui fut dénoncé pour la manière peu orthodoxe dont il parlait de la Trinité. Denys d'Alexandrie, à la suite des observations que lui fit le pontife, s'empressa d'ailleurs de retirer les expressions qui avaient scandalisé les fidèles ^. Le pape Denys écrivit ensuite, en son nom et au nom du synode qu'il avait réuni à Rome pour élucider la question trinitaire, une lettre circulaire à toutes les Eglises d'Egypte. Il y condamnait, tout à la fois, en conservant un juste milieu, l'unitarisme sabellien et

1. Ces rois <Çp}iém6res, la plupart anciens ofTiciers imptViaux, qui gouvorn^renl suivant les tradilions rouiaines, ne furent, à la vérité, ni trente, ni plus t^ranniciuos que les empereurs do Rome. Mais tel est le nom qu'ils reçurent.

a. EusiiUE, //. E., I. VII, th. xxxii, n. 7-1 1.

3. Saint Atuanase, De si-nteiUia Dionysii, i3; P. G., t. XX, col. 464 : De synodis, 46, P. G., t. XXV, col. /'179.

LA LUTTE 377

le tri théisme subordina tien ^. Denys écrivit aussi à l'Eglise de Césarée en Cappadoce, affligée par l'invasion des Perses ; et lui envoya des secours pour le rachat des captifs. Sa lettre, au témoignage de saint Basile, était religieusement conservée dans les archives de Césarée. Cet acte de charité, succédant aux rapports tendus qui avaient existé peu auparavant entre Firmilien, évêque de Césarée, et les prédécesseurs de Denys, était de nature à resserrer l'union des Eglises orientales avec Rome. C'est sous son pontificat qu'Aurélien, ayant à se prononcer sur l'attribution de biens ecclésiastiques entre deux compétiteurs, décida que les biens devaient revenir à celui qui était en communion avec l'évêque de Rome. Pour tous ces faits, le pontificat de Denys marque un moment important dans l'histoire du Saint-Siège.

Son successeur, Félix, qui gouverna l'Eglise pendant cinq ans, Saint Félix le* continua dignement son œuvre. La lettre importante qu'il écrivit (a6Q-a"4). pour mettre en lumière la divinité et l'humanité parfaite du Christ devait mériter d'être insérée en grande partie dans les actes du troisième concile œcuménique.

Des deux successeurs de Félix, Eutychien et Caïus, nous ne s.Tvons à peu près rien. Les documents relatifs à leurs pontificats ont dû périr pendant la persécution de Dioclétien. Suivant le Liber pon- Saint

tificaUs, EuTTCHiEN régna huit ans, onze mois et trois jours, mais ces * Eutychien,

... pape

chiffres ne concordent pas avec ceux d'Eusèbe, qui ne lui assigne (a^^S-aSS).

que dix mois à peine, et avec le catalogue de Corbie, qui lui donne

un an et un mois.

On remarque une pareille divergence entre le Liber pontijicalis ej

Eusèbe pour ce qui concerne le pontificat du pape Caïus. Le Liber Saint Caïus^

pontijicalis lui donne treize ans de règne ; Eusèbe, quinze ans. La (a83-aQ6)

Passion de sainte Suzanne a donné lieu de croire que Caïus était

parent de Dioclétien, mais la Passion de sainte Suzanne est peu

s?ire.

Au cours des trente et quelques années de paix relative que la Providence accorda à l'EgHse, deux œuvres principales s'imposèrent à la

I. Saint Athanase, De décret, syn. Nie., a6; P. G,, t. XXVI, col. 464-465.

L'organisation de l'Eglise

pendant

la dernière

moitié

du me siècle.

L'autorité

de l'évêque

de Rome.

Les cvêqucs.

Le mode

de

leur élection.

sollicitude de ses pasteurs : restaurer et consolider la discipline, défendre la pureté de la foi contre le paganisme et l'hérésie.

Pendant la seconde moitié du ai* siècle, la hiérarchie ecclésiastique s'affermit et se complète : l'autorité du sacerdoce, de l'épiscopat, pardessus tout, celle du pontificat romain, s'imposent aux autorités civiles elles-mêmes ; et, au-dessous de ces degrés supérieurs de l'organisation traditionnelle, un certain nombre d'ordres inférieurs apparaissent.

L'empereur Gallien avait traité des questions religieuses avec les évêques ; Aurélien ne voulut reconnaître d'évêques légitimes que ceux qui étaient unis à Rome ; un texte du Liber pontijîcalis nous montre le pape Denys faisant remise aux prêtres des églises restituées *. Ou voit d'autre part le pape Corneille énumérer, parmi les ministres de son Eglise, des diacres, des sous-diacres, des acolytes, des exorcistes, des lecteurs et des portiers -. Tels sont désormais les divers degrés de la hiérarchie. C'est ce que TertuUien et Cyprien appellent l'ordo, le clerus ^. par opposition à la plebs des fidèles.

Mais d'autres textes nous permettent d'entrer dans plus de détails sur la nature et le fonctionnement de cette hiérarchie.

L'autorité suprême du ponlife de Rome ressort assez des dernières controverses pour que nous n'ayons pas à y revenir. Jamais un Cyprien, un Firmilien ou un Denys d'Alexandrie n'ont osé parler avec autorité à toute l'Eglise ; lui seul le fait. Les docteurs agitent les questions ; l'évêque de Rome les tranche. Dans la vivacité du débat, on lui reproche d'abuser de son autorité, mais on ne la met pas en question.

L'évêque, le chef d'Eglise, a pourtant un grand pouvoir. Lui seul représente la tradition apostolique devant les fidèles; lui seul représente ses fidèles dans leurs rapports avec les autres Eglises ou avec Rome. Une lettre n'est adressée au clergé que si le siège est vacant. On rencontre quelquefois cette expression : « l'évêque et son peuple » : ce sont les deux éléments d'une Eylise *.

Dans l'élection d'un évêque, nous voyons intervenir trois facteurs : les suffrages des fidèles de l'Eglise qui est à pourvoir, le vote de son clergé, et enfin la confirmation de ce choix par les évêques les plus

I. Lib. pont., t. I, p. 157. Cf. Introduction, p. c. a. EusÈBE, H E., 1. VI, ch. xliu, n. i i-ia.

3. Tertullieîi, De mono<jamia, 11 et 12; Cïi>rie.i, Ep. il, lu.

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