‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 4 sur 413 · I. A. HA.RNA.C&, l'Essence da christianisme, p. iSg-iôo · texte numérisé non relu

I. A. HA.RNA.C&, l'Essence da christianisme, p. iSg-iôo

WTUODUCTIO:!

niorcn à go cl survit la dccadeiice

du la Chrétienté.

L'Eglise

évangélise

les peuples

modernes et

iort, pleine de

vitalité,

de la

Révolution.

Rome, clans son centre, avec Léon le Grand et Grégoire le Grand, le christianisme rayonne vers les diverses nations par ses évêques et par ses moines. Saint Rémi convertit les Francs, saint Augustin de Cantorbéry évangélise la Grande-Bretagne et saint Boniface la Germanie. L'Eglise couronne son œuvre en groupant dans une vat^te unité les peuples convertis ; c'est le Saint-Empire, inauguré par Charlemagne et Léon III, continué sous les auspices de Grégoire VU et d'Innocent III, par les souverains de Germanie. L'organisation religieuse, sociale et politique du xiii* siècle marque l'apogce de cet âge. C'est l'époque des croisades, de la chevalerie, des aris roman et gothique, des grandes universités, des grands ordres religieux, de saint Dominique, de saint François d'Assise, de saint Thomas d'Aquin et de saint Louis. Ces noms disent tout. Mais voici que, sous l'influence de causes multiples, du schisme grec, du schisme d'Occident, de la Renaissance, et, il faut le reconnaître, d'abus intérieurs trop nombreux, la société du moyen âge, la Chrétienté, comme on l'appelle, se démembre à son tour. Par ses papes et par ses docteurs, l'Eglise cherche alors, comme elle l'a fait à la chute de l'empire romain, à sauvegarder le bien du monde qui s'écroule, et à pénétrer en même temps de son esprit l'âge nouveau qui va lui succéder.

C'est l'âge des temps modernes. La formation des diverses nations européennes par les débris du Saint-Empire, l'élargissement des relations commerciales par la découverte de l'Amérique, la diffusion plus rapide de la pensée par l'invention de l'imprimerie, la pénétration de l'esprit antique dans les lettres et dans les arts de l'Europe par la venue des savants Grecs, chassés de Constantinople : tels sont les éléments qui ont formé le monde moderne. Il débute par une formidable hérésie, le protestantisme, qui arrache à 1 Eglise catholique une grande partie de l'Allemagne, en détache l'Angleterre, agite violemment la France. Le premier soin de l'Eglise est de lutter contre l'erreur. Par la fondation de nouveaux ordres religieux, dont la Compagnie de Jésus est le plus illustre, par lo concile de Trente, par une expansion nouvelle des missions étrangères, par la réforme de son clergé sous l'action de saint Charloji Borromée, par les congrégations nouvelles de l'Oratoire, de Saint-

INTRODUCTION

Lazare et de Saint-Sulpice, par la diffusion des doctrines de la vie spirituelle sous l'influence de saint François de Sales, l'Eglise s'applique, tout à la fois, à combattre l'hérésie et à christianiser le monde moderne. Un moment, en France, sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, avec saint François de Sales et saint Vincent de Paul, Bossuet et Fénelon, Petau et Thomassin, on peut croire que l'apogée des temps modernes est venu. Mais des erreurs issues, plus ou moins consciemment, du protestantisme : le jansénisme, le gallicanisme, le quiétisme, le rationalisme, paralysent bientôt le mouvement chrétien et préparent le désastre de la Révolution. \u milieu de catastrophes sans exemple, l'Eglise de France est successivement dépouillée de ses antiques privilèges, de ses droits et de ses biens, persécutée dans ses ministres et dans son culte, ofliciellement supplantée par une prétendue religion nationale, et le monde entier est ébranlé par cette terrible secousse.

Les xix' et xx" siècles ont-ils inauguré un âge not^veau, ou ne font-ils que continuer la décadence de Vâge passé? Nous sommes placés trop près pour en juger. « L'œil, aimait à dire Joseph de Maistre, ne voit pas ce qui le touche. » Mais nous pouvons, avec confiance, attendre pour l'Eglise de nouveaux triomphes. En dehors des promesses que donne la foi du chrétien, il semble que la seule étude consciencieuse du passé peut inspirer au simple historien les plus fermes espérances.

Depuis la naissance de l'Eglise, toutes les formes sociales qu'elle a rencontrées sur son chemin, toutes les puissances qui l'ont combattue, ont eu, comme tout organisme terrestre, leur formation, leur apogée et leur déclin. L'Eglise seule, pour reprendre les expressions du protestant Harnack, a pu « s'adapter au cours historique des choses en restant toujours la vieille Eglise».

D'autre part, ce même « cours historique des choses » nous montre l'Eglise catholique tendant à représenter à elle seule tout le christianisme et même toute la religion. Des deux confessions chrétiennes qui ont pu prétendre à lui disputer la prédominance, le protestantisme et le schisme grec, la première est en voie de se désagréger dans l'anarchie dogmatique, la seconde paraît immobilisée dans une inertie, prélude de la mort. Quant aux religions

L'avenir de l'Eglise

d'après les inductions de l'histoire.

Impuissance)

du

protestantisme

et du schisme arec.

INTRODUCTION

Itiipuistaiicc

de l'islamisme,

du bouddhismo

et de la religion iKiturelle.

Immortelle

vitalité

du

catholicisme romain.

dont on a pu opposer l'influence ou l'iniportance numérique à l'iilluence et à l'importance numérique du christianisme, le bouddhisme et l'islamisme, leur premier contact avec la critique historique et philosophique semble en faire évanouir les fondements apologétiques et les dogmes essentiels. La « religion naturelle », prônée par la philosophie du xviu' siècle, a fait son temps ; l'étude positive de l'histoire des religions en a ruine les bases. Le catholicisme semble donc, même à qui se maintient sur le seul terrain de l'histoire, rester seul en présence d'un agnosticisme absolu, source d'un anarchisme radical. Qui des deux l'emportera? « L'avenir apprendra à ceux qui viendront après nous si la lutte qui se prépare est réellement plus grave que celles qui l'ont précédée, si elle doit être pour le christianisme l'occasion d'un triomphe plus éclatant ou le commencement de la vérification des prophéties relatives à la fin des choses. Mais cette incertitude ne saurait ébranler la confiance du chrétien fidèle. Quelles que doivent être les vicissitudes de son avenir. l'Eglise trouve dans son passé des preuves suffisantes de sa divine origine. En faisant même abstraction de la force initiale, de la personne du fondateur, en ne considérant de l'histoire ecclésiastique que ce qui commence aux apôtres, on est conduit à se dire qu'ils ont fondé une institution plus qu'humaine, que Dieu était vraiment en eux, et qu'il est encore avec leur œuvre * », la soutenant de sa puissante main et la conduisant à ses glorieuses destinées.

I. DucHESKB, les Origines chrétiennes, a* édition, p. 467-468.

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