S. Cyprien, Ep. u, a; vii, A; xm
L'Eglise caLbolique.
Le
catholicisme
n'a pas été
une adaptation
de l'Eglise
à l'empire
rpmain.
Origine des provinces ecclésiastiques.
paix, pour marquer l'union qui doit toujours régner entre l'Eglise de la terre et celle du ciel. Les autels, les sièges épiscopaux, toute la disposition des catacombes, avec leurs atria, leurs absides, leurs chapelles, témoigne de cette pieuse coutume *.
La fraternité, la mutualité, n'existent pas seulement dans l'intérieur d'une Eglise particulière, elles relient une Eglise à l'autre. La tradition des apôtres, quêtant pour les Eglises pauvres, s'est perpétuée et confirmée. L'union des Eglises ne forme pas cependant une simple fédération ; elle constitue une Eglise, l'Eglise catholique. « Puisque tu es chrétienne, demande à l'esclave Sabine l'officier municipal Polémon, à quelle Eglise appartiens-tu ? — A l'Eglise catholique. » Le rhéteur Pione n'a pas d'autre réponse. « Quel est ton nom ? — Chrétien. — De quelle Eglise ? — Catholique -. » — Et qu'on ne dise pas avec Renan ^ et avec Harnack * que ce catholicisme n'est qu'une « impérialisalion du christianisme », qu'une adaptation à la vie de l'empire romain. « Dès le temps de la controverse pascale, il y a des Eglises au delà des frontières de l'empire, dans le royaume d'Edesse. Il est p-'.rlé des Eglises qui sont en Osroène comme de celles qui sont en Gaule. Elles ont beau être syriaques de langue, elles sont en correspondance avec l'évêque de Rome, cela suffit. Le catholicisme syriaque du royaume d'Edesse serait à lui seul une preuve que le catholicisme n'est pas la romanité ^. »
Telle est la conception, telle est l'organisation de l'Eglise pendant la seconde moitié du m* siècle : mais à côté des institutions nettement formées, il s'en trouve qui sont encore à l'état d'ébauche ou de formation incomplète. Telles sont, entre l'Eglise particulière ou le diocèse, et l'Eglise universelle, la province ecclésiastique, le patriarcat, la primatie.
Le concile de Nicée, en 826, constate l'existence de circonscriptions ecclésiastiques, appelées provinces ou éparchies, comprenant plusieurs Eglises particulières et groupées autour d'une ville, dite métropole, dont le chef ecclésiastique a un grade supérieur à celui des autres évcqnes ^. La mention courante que font de ces provinces
I. Rossi, Roma solerranea, passim; Marucchi, Elémenti d'archéologif chrétienne.
Il ; Henri de l'Episois, les Catacombes de Rome, Paris-Bruxelles, 1896.
a. Dom Leclebcq, les Martyrs, II, 76.