Ibid., n
6. Rossi, Roina sollerranea, t. III, p. iiaa-'ia3, /ia5, .'|88 et paisim. Cf. Dom Leclercq, au mot ditacombt'S, dans lo Dict. d'antu'ol. chrél., et P. .\ll\hd, au mol Caldc.oiiibes, ilans le Dkl. apul. de la foi rathol.
•j, EusÈBB, //. E,, I. Vin, ch. I, n. "j.
Césarée, qui raconte ce qui se passait sous ses yeux, en Orient, mentionne surtout les jalousies, les vaines disputes, les ambitions, les rivalités et les intrigues. « Nous nous jalousions les uns les autres, dit-il, nous nous lancions de grossières injures. L'hypocrisie maudite montait jusqu'au plus haut degré de malice ^. »
La décadence de la vie chrétienne en Occident nous est indiquée avec plus de précision par le célèbre concile d'Elvire 2, tenu vers l'an 3oo ^, et qui, soit par les documents précieux qu'il nous fournit, soit parce qu'il ouvre la série des fameux conciles d'Espagne, soit parce qu'il est le premier concile dont les Actes nous soient parvenus, mérite de retenir notre attention. « Le concile d'Elvire, dit dom Leclercq, est d'une importance considérable pour l'étude de la société chrétienne à la veille de la dernière persécution. On y prend sur le vif l'esprit- mondain chez les fidèles et les principes qui guidaient les chefs de la communauté. Mais, remarquons-le bien, si nous trouvons dans le concile une énumération si complète et si précise des fautes qui affligeaient la société chrétienne à la fin du m* siècle, nous y trouvons aussi une sévérité de répression bien propre à nous donner une haute idée de l'idéal moral représenté par les prélats de ce temps et réalisé, en somme, dans leurs Eglises. On n'aurait pas été si dur envers les pécheurs s'ils avaient été bien nombreux, s'ils avaient trouvé quelque appui dans l'opinion ou dans la coutume *. »
Parmi les catégories de chrétiens que le concile frappe de peines sévères, on remarque d'abord ceux qui ont accepté la charge de fiamine, c'est-à-dire de prêtre du culte municipal ou provincial de Rome et de l'empereur. Le sens honorifique de cette dignité était sans doute beaucoup plus en vue que son sens religieux, mais le flaminat pouvait amener les fidèles à participer à des sacrifices idolâtriques. Le concile décide : 1° que tout acte positif d'idolâtrie entraînera l'exclusion de la communauté chrétienne, sans espoir d'y rentrer 5 ; 2" que si le flamine, sans prendre part aux sacrifices païens, avait cependant donné des jeux publics à ses frais, par exemple des jeux de gladiateurs ou des représentations immorales, comme c'était l'usage, il pourrait, après avoir fait pénitence, recevoir la commu-
Décadeiice
de la
vie chrétienne
en Orient.
Décadence
de la
vie chrétienne
en Occident.
Description
de la société
chrétienne
à la fin
du m' siècle,
d'après
les Actes
du concile
d'Elvire
(tenu vers 3oo).
Participation
des chrétiens
à certains
rites
idolâtriquoe.
I. Elsèbe, h. E., 1. "VIII, ch. I, n. 7. a. lUiherris, aujourd'hui Grenade, en Espagne.
3. Sur la date du concile d'Elvire, voir Hefele-Leclercq, Hist, des Conciles, 1. 1, 2l5-2l6.
A. Dom Leclercq, l'Espagne chrétienne, t. I, p. 60-6 1, ô. Canons i et 2,
Conduite
envers
iL-s serviteurs.
Mariages
contractés
avec les juifs,
les hérétiques
et les
infidèles.
Le célibat ecclésiastique.
nion à la fin db sa vie *, 3° qu'un flaminc, simple catéchumène, qui se serait mis dans ce dernier cas, ne pourrait être baptisé qu'après trois ans d'épreuve *. Les canons suivants établissent des pénalités spirituelles pour « la femme qui, dans un momentde violence, frappe sa servante avec des étrivières ^ », pour ceux qui se livrent à des pratiques de magie et de sorcellerie *, pour les femmes qui abandonnent leur mari et pour les maris qui délaissent leur femme ^, pour les parents qui livrent leurs enfants à la débauche ^, pour les vierges consacrées qui manquent à leurs vœux ''. Le concile blâme les mariages des chrclieus avec les hérétiques, les juifs et les païens ; mais il ne porte de peines disciplinaires que pour les unions contractées avec les hérétiques et les juifs, parce que ceux-ci se montraient moins indifférents que les païens pour la religion de leurs épouses, et moins conciliants pour l'éducation des enfants dans la pratique de la foi ®. Dans le même esprit, le concile édicté des sanctions pénales contre les fidèles qui font bénir leurs récoltes par des juifs ou qui dînent à leur table ^ ? Toutes ces prescriptions, on le voit, ont pour objet d'éliminer 1 esprit juif ou païen des communautés chrétiennes et d'empêcher son infiltration dans ces mêmes communautés.
Plusieurs canons font voir que le clergé lui-même avait besoin d'être protégé contre de pareilles influences. Les Pères d'Elvire se préoccupent de la continence des clercs. Le canon 27 défend aux ecclésiastiques d'avoir chez eux d'autres femmes que leurs sœurs ou leurs propres filles**^ ; et le célèbre canon 33 défend «à tous ceux qui sont employés au service de l'autel », s'ils étaient mariés en entrant dans les ordres, d'avoir un commerce conjugal avec leurs femmes, sous peine de déposition **. Le canon 20 interdit aux clercs de prati-