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Canons /»() et 5o

10. Le but lie ce canon paraît avoir été d'exclure particulièrement les « sœurs agapctes », et les mulieres subintroduclx , dont il a été parlé plus haut. Cf. IIbfelk- Leclercq, Hisl. ilfs conciles, t. 1, p. aoi, note a, otp. a36. — Cf. Duoubt, Conj. ecclcs., t. I, p. 43 1-4^3.

11. Sur les origines du célibat ecclésiastique qui, avant d'être un objet de lé^isla-

LA LUTTE

quer l'usure, c'est-à-dire, d'après le langage du temps, de prêter de l'argent à intérêt, et le canon 48 défend aux baptisés de jeter de l'argent dans le bassin qui sert de baptistère.

Le canon 82 rappelle l'ancienne discipline remettant à l'évêque seul le droit de réintégrer un pénitent dans l'Eglise ; mais un esprit de miséricorde évangélique se manifeste aussitôt dans le canon 38, qui affirme le droit qu'a le simple fidèle d'administrer le baptême en cas de nécessité, dans le canon 89, qui permet au païen en danger de mort de se faire administrer en même temps le baptême et la confirmation par l'évêque, et dans l'article (xi, qui permet d'abréger le temps du catéchuménat pour les malades.

Le canon 58 nous renseigne sur l'organisation de la hiérarchie ecclésiastique en Espagne. Elle paraît à peu près semblable à celle que nous avons constatée en Afrique au temps de saint Cyprien. Les droits métropolitains ne sont pas attachés à des villes déterminées ; ils appartiennent toujours à l'évêque le plus ancien de la province, dont l'évêché s'appelle alors prima sedes * .

Cette vue générale sur la vie chrétienne et ecclésiastique en Orient et en Occident à la fin du m* siècle nous fera mieux comprendre la répercussion produite parmi le clergé Qt le peuple par les mesures persécutrices de Dioclétien.

Le prêt à intérêt.

La discipline pénitentielle.

La hiérarchie ecclésiastique.

En disant que les désordres des fidèles et des clercs furent punis par le jugement de Dieu, Eusèbe paraît faire surtout allusion aux édits de persécution publiés par Dioclétien à partir de 802. Mais d'autres épreuves avaient affligé l'Eglise dès les dernières années du 111^ siècle.

Le caractère des unes et des autres s'explique par la nouvelle orientation que venait de prendre la pohtique impériale.

Depuis plus de quatre-vingts ans, l'empire romain n'était plus gouverné que par des Barbares. Maximin avait été Goth ; Philippe, Arabe ; Dèce, Aurélicii, Probus, Pannoniens ; Emilien, Africain.

Origine

de la persécution.

Orientation

nouvelle

de la politique

impériale.

tion positive, était une inspiration évangélique généraletaent suivie par le clergé, yolr Yaca.nda.rd, Eludes de critique et d'hist. relig., p. "^i-iao. I, Hefele-Leclekgq, Hist. des conc, I, 253-254.

4oo

niSTOmE GÉNÉRALE DE l'ÉGIISE

Les empereurs race barbare.

Nouvelle

niaiiière d'en-

lendre le

palriolisme.

L'empereur Dioclétien (a84-3o5).

Son programme

de gouvernement.

La

centralisation administrative.

Nouvelle

organisation

des provinces.

L'Eglise

s'adapte à cette

organisation

impériale.

Conséquences

de cotte

i> laplation.

Dioclétien était Dalmate, et les auxiliaires qu'il allait se donner viendraient des bords du Danube. Ces empereurs n'avalent aucun goût pour Home, ses institutions et ses souvenirs. C'est à peine s'ils étaient venus, une ou deux fois pendant leur vie, dans la Ville éternelle. Ils avaient peu de respect pour ses divinités et faisaient peu de cas de son sénat ; mais ils voyaient dans l'immense empire romain un moyen de déployer ces fières énergies qui les avaient rendus maîtres du monde civilisé. De là, une manière nouvelle d'entendre le palriolisme. S'il faut comprendre par là le culte des traditions nationales, ils manquèrent absolument de sens patriotique ; mais si l'on veut appeler patriotisme la défense jalouse des frontières et la passion de l'unité nationale, ils furent patriotes au plus haut degré. Dioclétien, dont l'esprit net et l'intelligence ferme étaient faits pour le commandement, devait être le plus éminent représentant de cette nouvelle politique.

Il paraît être arrivé au pouvoir avec un plan de gouvernement syslcmaliquement arrêté. Deux mots en résument ie programme : la centralisation administrative et la défense de l'unité impériale ; un mot en résume l'esprit : l'absolutisme. Par là, il est le vrai fondateur du Bas-Empire. On le vit d'abord, pour abolir plus sûrement toute vie politique locale, toute franchise traditionnelle, remanier de fond en comble la division administrative de l'empire. Le monde romain comprenait une soixantaine de provinces ; il en porta le nombre à quatre-vingt-seize. Il groupa ensuite ces provinces en circonscriptions plus étendues, appelées diocèses ; chaque diocèse fut gouverné par un vicaire, c'est-à-dire par un représentant du préfet du prétoire impérial. Le sénat fut réduit au rôle d'un conseil municipal. Une sorte de Conseil d'Etat, appelé consistoire, et un Conseil de cinq ministres placés sous la direction immédiate de l'empereur, expédièrent les affaires. L'Eglise ne tarda pas à s'adaptera celte organisation. Il était peut-être difficile de faire autrement. Les groupements d'évôques s'organisèrent suivant les circonscriptions provinciales. L'évêque de la ville où résidait le gouverneur fut le chef des évêques de sa province. Ce système offrait des commodités pratiques incontestables, mais il faisait perdre à l'institution ecclésiastique beaucoup de son autonomie. L'autorité impériale se substituait d'une manière insensible à l'autorilé apostolique. C'est grAceà cette centralisation politique et religieuse autour du pouvoir civil que les successeurs de Constantin pourront faire sentir si lourdement à l'Eglise le poids de leur autorité.

LA LUTTE

4oi

Tels furent les premiers effets de l'absolutisme centralisateur de Dioclétien. La manière dont il comprit la défense nationale devait entraîner aussi, mais d'une manière plus indirecte, des conséquences bien autrement funestes à la religion.

Instruit par les événements qui avaient donné lieu à la période dite des « trente tyrans », Dioclétien se rendit compte qu'une division régulière et hiérarchique de l'empire serait le moyen le plus efficace d'empêcher ces dislocations arbitraires et violentes, dont des ambitions personnelles ou des poussées d'instincts populaires renouvelaient constamment la menace. Il partagea l'empire entre deux empereurs en titre, qui reçurent le nom d'augustes, et deux héritiers présomptifs, mais déjà associés au pouvoir, qu'on appela césars. C'est ce qu'on appela la tétrarchie. Elle fut définitivement établie en 292. Le gouvernement de l'Occident fut confié à Maximien Hercule, qui eut sous ses ordres, en qualité de césar. Constance Chlore ; Dioclétien, en qualité de premier auguste, se réserva l'Orient, où il fut secondé par le césar Galère, Barbare lui-même, Dioclétien s'était choisi comme auxiliaires trois soldats barbares. Le choix de Galère, général habile et courageux, mais politique sans scrupule, devait être particulièrement malheureux pour l'Eglise. Brutal et rusé, comme beaucoup de montagnards de sa race, sachant d'instinct manier les hommes par le jeu combiné de l'astuce et de la terreur, haïssant par tradition de famille le christianisme et les chrétiens, Galère fut le mauvais génie du nouveau régime impérial. Dioclétien avait eu beau hiérarchiser les pouvoirs des quatre souverains ; il n'avait pas réfléchi que, dans les associations de ce genre, un seul élément de violence entraîne presque fatalement à sa suite, aux heures de trouble, les éléments de modération. C'est le fait qui ne tarda pas à se produire.

L'œuvre de défense nationale entreprise par Dioclétien ne visait pas seulement les ennemis intérieurs, elle avait surtout en vue les adversaires du dehors. Sur toutes les frontières, partout menacées par de nouveaux Barbares, il avait placé un fort cordon de troupes de couverture {limitanœi, riparienses), et, par derrière, un groupe de solides réserves. La rigueur de la discipline devait être d'autant plus stricte que le danger était plus menaçant. Or, en aucun point peut-être la poussée des Barbares n'était plus forte que du côté des provinces danubiennes dont Galère avait le commandement. Celui-ci profita de celte circonstance pour assouvir la haine qu'il portait aux

Hist. gcn. de l'Ejjlise. — I aô

Le patriotisme

de Dioclétien

et sa manière

d'entendre

la défense

nationale.

Division du pouvoir

impérial

entre deux

augustes

et deux césars :

la tétrarchie

Le césar Galère.

La défense des frontières.

HISTOIRE GÉHÉRALE I>E l'ÉGLISE

chrétiens. L'historien Lactance nous montre, derrière lui, sa vieille mère, païenne fanatique, et peut-être fort jalouse des princesses chrétiennes de la cour de Dioclétien, Prisca et Valeria, lui souillant la haine contre les disciples du Christ ^

La persécution

-dans l'armée

à l'instigalion

de Galère

Le centurion

Marcel

refuse d'adorer

les insignes

impériaux.

Son interrogatoire.

La ruse de Galère consista à demander à Dioclétien, sous prétexte de raffermir la discipline dans l'armée, le rétablissement des sacrifices aux divinités nationales. Ce rétablissement obtenu, Galère enjoint aux officiers chrétiens de sacrifier aux dieux de l'empire. Beaucoup refusent ; ils sont cassés de leur grade. Quelques refus plus énergiques sont punis par la mort. Dioclétien recule devant l'effusion du sang ; Constance Chlore suit son exemple ; mais Maximien Hercule montre une sévérité presque aussi grande que Galère et n'hésite pas à infliger 'a sanction capitale pour punir les refus de sacrifier.

Parmi les martyrs de cette première persécution, nous citerons saint Marcel et saint Cassien, dont nous possédons les Actes authentiques.

En 298, pendant qu'on célèbre à Tanger l'anniversaire de la naissance de Maximien Hercule, le centurion Marcel s'approche des drapeaux qu'on a formés en trophée pour recevoir l'encens et les adorations. Mais, au lieu de les adorer, il jette devant lui sa ceinture militaire en s'écrianf : w Je suis soldat de Jésus-Christ, le roi éternel. » Il rejette aussi le cep de vigne, insigne de son grade, et ses armes, ajoutant : « A partir de oejour, je cesse de servir vos empereurs, car je ne peux adorer vos dieux de bois et de piene, sourdes et muettes idoles. » A ces mots, les assistants sont d'abord frappés de stupeur, puis ils saisissent le centurion et le conduisent au préfet légionnaire. Le 00 octobre suivant, il comparait devant le tribunal. Voici le procès-verbal officiel de son interrogatoire, recueilli par les chrétiens de Tanger : « As-tu prononcé les paroles relatées dans le rapport du préfet ? — Oui. — Tu servais comme centurion ordinaire?— Oui. — Quelle fureur t'a fait renoncer au serment mili-

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