Ibid
UISrOIRE GÉNÉAALE DB l'ÉGLISB
Je Niconi<?(lie,
chambellan
impérial.
La perséculion
dans les provinces.
Arrestallon
de saint Félix
de Tibiuca.
Son kilcrrogatoire.
avec des fouets on lui déchira tout le corps. Comme il souffrait tout cela sans en être ébranlé, on se mit à arroser ses plaies avec du vinaigre mêlé de sel. Il méprisa encore ces soulTrances. On traîna un gril, sous lequel on alluma du feu, comme on fait pour les viandes qu'on veut manger. On exposa ce qui restait de son corps à la flamme, non pas brutalement, mais petit à petit, afin de lui donner le temps de consentir à ce qu'on demandait. Mais il garda sa résolution, et, vainqueur de ces tortures, il rendit l'âme, inébranlable comme son nom ^. » Des officiers, des magistrats, l'évêque de Nicomédie, Anlhime, des prêtres, des diacres, de simples fidèles, soupçonnés sans preuves d'avoir contribué à l'incendie du palais impérial, furent brûlés ou noyés en masse. Les chrétiens se crurent revenus aux temps de Néron.
De Nicomédie, la persécution s'étendit dans les provinces. Mais elle n'y eut pas d'abord le même caractère de féroce cruauté. En bien des endroits, la bienveillance des magistrats, chrétiens ou favorables au christianisme, en atténua les rigueurs. On se contenta, du reste, d'appliquer l'édit, qui ne portait pas la sanction de la peine capitale contre sa violation. Quelques chrétiens cependant furent mis à mort pour avoir refusé de livrer les livres ou le mobilier des églises. De ce nombre fut saint Félix, évêque de Tibiuca en Afrique, dont les actes sont d'une autorité incontestée.
Félix, convaincu d'avoir refusé la livraison des livres saints, fut traduit, le 24 juin 3o3, devant le proconsul Anulinus.
a Le proconsul lui dit : a Pourquoi ne livres-tu pas tes vaines Ecritures ? » Félix répondit : « Je les ai et jeles garde. » Anulinus le fit mettre au cachot souterrain. Après seize jours, on l'en tira, toujours enchaîné. Il était dix heures du soir. Anulinus lui dit : u Pourquoi ne donnes-tu pas les Ecritures ? » Félix répondit : c Je ne les donnerai pas. » Le 26 juillet, Anulinus rendit une sentence qui renvoyait Félix au tribunal de Maximiu. En attendant le départ, Félix fut reconduit eu prison et mis aux fers. Il partit neuf jours après, et fut conduit à Venouse, dans l'Apulie, au pied de l'Apennin..
« Le préfet du prétoire d'Italie fit enlever ses chaînes et lui dit : « Pourquoi ne donnerais-tu pas les Ecritures du Seigneur ? Ne les aurais-tu pas P » Félix répondit : « Je les ai, mais je ne les donne