‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 324 sur 413 · I. EusÈBE, II. E.. 1. VIII. ch. VI. 11. a · texte numérisé non relu

I. EusÈBE, II. E.. 1. VIII. ch. VI. 11. a

LA LUTTE

pas. » Le préfet dit : « Qu'on lui coupe la tête. » Félix répondit : « Je vous rends grâces, ô mon Dieu, qui daignez me délivrer. » On le conduisit au lieu de l'exécution. C'était le 3o août. Félix leva les yeux au ciel, et dit à haute voix : a Mon Dieu, je vous rends grâces. J'ai cinquante-six ans. J'ai conservé la virginité. J'ai gardé vos Evangiles. J'ai prêché la foi et la vérité. J'incline devant vous ma tête, ô mon Dieu, pour être immolé;*. »

Un certain nombre de chrétiens, soit en usant de ruse, soit en profitant de la connivence des autorités locales, ne livrèrent, au lieu des livres sacrés, que des papiers insignifiants ^. D'autres se soumirent aux ordres de l'édit. Ils furent flétris du nom de traditeurs.

La persécution s'étendit à l'Italie. A Rome, les livres saints furent saisis, les archives dispersées, les biens d'Eglise confisqués. Malheureusement ces faits ne sont connus que par quelques allusions du Liber poniijicalis ^, ou par les dires suspects des donatistes. Eusèbe, vivant en Orient, sait peu de chose de ce qui se passe à Rome. Au pape Eutychien, mort le 7 décembre 288, martyr ou confesseur, avait succédé Gaïus. Il ne paraît pas avoir quitté Rome pendant les persécutions ; il se tint sans doute, la plupart du temps, caché dans les catacombes. La tradition lui attribue la conversion de beaucoup de païens, et sa tombe, au cimetière de Galliste, devint l'objet d'une grande vénération ^. Quant au pape Marcello, qui gouverna l'Eglise après Gaïus, de 296 à 3o/i, on aimerait le connaître autrement que par les écrits de ses adversaires, les donatistes. Il sauva de la profanation, dans le cimetière de Galliste, en la comblant de terre, l'aire de la catacombe où avaient été inhumés les papes du m* siècle et de nombreux martyrs ^ ; mais il eut la douleur de voir les archives du Saint-Siège à peu près complètement détruites. L'existence de ces archives et de la bibliothèque pontificale, situées dans un des lieux les plus fréquentés de la ville, près du théâtre de Pompée, était connue de tous. Sans doute, l'autorité municipale n'eut besoin d'aucun délateur pour s'emparer d'un dépôt déjà considérable à cette époque et que sa richesse même n'avait pas dû permettre de déménager faci-

La'persécution à Rome.

Saint Marcellin,

pape (29(3-3o4).

La destruction des archives pontificales.

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