‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 325 sur 413 · Lib. pont., éd. Duchesnb, t. I, p. ci et · texte numérisé non relu

Lib. pont., éd. Duchesnb, t. I, p. ci et

li. Lib, pont., t. I, p. xcvm, 161; Jaffé, t. I, p. a5; Rossi, Roma sotterranea^ t. III, p. 114.

5. Rossi, Roma sotterranea, I, 2-3; II, 106, 261, 270^ et 2« partie, p. 52-58.

Le pape

Marcelliiî

raloninic par

les ilonatlslcs

Les deuxième

el troisième

édils

de persécution

la peine de

mort portée

contre les clercs.

Martyre

!>■ saint Féli

el de ses

compagnons

(il février

lemenl ^ Ce fut une perle irréparable pour l'histoire du pontificat romain. S'il nous reste si peu de documents sur le siège de Rome, à celle époque, c'est à cet événement que nous devons allribuer celle lacune. Les donatistes ont voulu rendre responsable le pape Marcellin de ce désastre. Ils l'ont appelé traditeur, mais aucune pièce n'a été apportée à l'appui de celle odieuse accusation. Saint Augustin en a fait la remarque ^. Il est probable que Marcellin mourut sous les coups des bourreaux ou en prison. C'est ce que semble indiquer la vénération dont son tombeau fut l'objet dans la catacombe de Priscille, nécropole privée, où il avait fait faire de grands travaux afin de suppléer aux cimetières communs supprimés en vertu de ledit.

Mais ceux qui avaient engagé Diocléllen dans la voie de la persécution étaient attentifs aux moindres prétextes qui leur permettaient d'obtenir de lui des aggravations de pénalité. Des tentatives de révolte en Syrie et en Arménie leur fournirent l'occasion de montrer à l'empereur la conspiration chrétienne gagnant les provinces. Deux nouveaux édils furent pr'^'aiulgués dans celte même année 3o3. Le premier ordonnait de Hi-^ttre en prison tous les membres du clergé : évêques, prêtres, diacres, lecteurs, exorcistes ; le second enjoignait de les punir de mort s'ils refusaient de sacrifier. Les prescriptions de ces édils ne furent pas rigoureusement appliquées dans quelques provinces, mais dans certaines autres elles furent dépassées. Des actes authentiques nous montrent de simples fidèles punis de mort pour avoir assisté à la messe le dimanche.

Tel fut le cas des ma^rtyrs Félix, Dative, Ampèle el de leurs compagnons, parmi lesquels dix-huit femmes, qui subirent la mort à

1. ÂLL.vRD, Ilisl. des pers., III, i85; Rossi, De orighe et hisloria scrinii et bibl. Sedis aposl., p. ixxvn; la Biblioteca délia Sede apostoliea, dans Studi e docunienli di Sloria e Diritlo, i88ii, p. 334.

a. Saint Augustin, Contra lilt. Petil., ii, aoa ; De unico baptismo, 7. Une légende, insérée au Liber pontijicalis, va plus loin, et dit qu'il oirrit de l'encens aux dieux. {Lib. pont., I, 1C2). Le Lib. pont, ajoute, il est vrai, qu'il se repentit et mourut martyr. {Ibid. Cf. Ibid., p. lixiv, xcix.) « La légende qui accuse saint Marcellin d'avoir sacrifié aux idoles est empruntée à une Passio apocryphe. Le récit qu'elle fait est certainement faux : elle pirle d'un concile d'évéqnes qui aurait été tenu à Sinuessa ; or pareille réunion était impossible au temps de la persécution. Toutefois il semble bien que Marcellin, s'il ne s'est pas rendu coupable d'apostasie, ail eu une certaine responsabilité dans la tradil'on des Livres saints. Saint .Vugustin ne le défend que faiblement, sans même prononcer son nom, contre les attaques de l'étillien : Episcopos nomiitas, quos de traditione codicum soletis ar^iiere. De quibus et nos solemiis res pondère : Aut non probatis, et ad neininem pertinet ; aut proUttis, et ad nosnonperlinet. » (H. Marucchi, EU'incnta d'archéologie chrt'tienne, t. 1, p. 03-O.V)

LA LUTTE 409

Cartilage, le 11 février 3o4, en même temps que le prêtre Saturnin. Ils furent mis sur des chevalets et subirent la torture des ongles de fer, qui déchiraient leurs flancs, faisaient voler des lambeaux de leur chair. Aucun d'eux ne faiblit. On réserva pour la fin un tout petit enfant, Hilarion, surpris dans l'assemblée eucharistique avec son père et ses frères. « Le magistrat lui dit : « As-tu suivi ton père et tes frères?» Hilarion grossit sa voix pour dire : « Je suis chrétien, c'est de moi-même que je suis allé à l'assemblée. » Le proconsul essaya d'intimider l'enfant : « Je vais t'arracher les cheveux, le nez et les oreilles. — Comme tu voudras. Je suis chrétien. — Qu'on le mette en prison. — Deo gratias ! s'écria l'enfant *. » Après avoir été torturés, les accusés furent reconduits en prison, où le proconsul les oublia volontairement. Ils y moururent de faim l'un après l'autre.

De tels supplices étaient aussi odieux qu'ils étaient illégaux ; les édits de 3o3, comme celui de Valérien, ne visaient que le clergé. Mais un quatrième édit, rendu en 80/4, atteignit tous les fidèles. Il reproduisait à peu près, dans sa teneur, celui de Dèce. Tout chrétien, de tout pays, fut tenu d'aller offrir un sacrifice public aux divinités de l'empire 2. C'était la mise en demeure, faite à tous les chrétiens, d'apostasier. La persécution ne fut pas seulement universelle, elle fut acharnée et brutale.

« Nous avons vu nous-même, écrit Eusèbe, étant sur les lieux, un grand nombre de chrétiens subir en masse, les uns la décapitation, les autres le supphce du feu 3... Il était permis à tous ceux qui le voulaient de les maltraiter. Les uns les frappaient avec des bâtons, d'autres avec des verges, d'autres avec des fouets. Les uns étaient liés, les mains derrière le dos, et attachés à une pièce de bois, tandis que les bourreaux leur travaillaient tout le corps... D'autres étaient suspendus à un portique par une main : de toutes les souffrances, o'était la plus cruelle, parce qu'ils avaient les articulations et les membres distendus... Après ces souffrances, les uns étaient mis dans des entraves, lès deux pieds écartés ; d'autres jetés à terre, gisaient, brisés par la rigueur des tortures *... Quelques-uns, dans le Pont, souffrirent des douleurs dont le récit fait frémir. Aux uns on perçait les doigts en enfonçant sous l'extrémité des ongles des roseaux

Quatrième

édil (3o4).

Il vise

tous les fidèles

Exécution

sauvage des édits.

Raffinements

de

supplices.

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