Act., III
ntSTOlRE GENERALE DE L EGLISE
OU charismes
qui
accompagnent
l'adiui-
nistration
de
ce sacrement
à l'époque
primitive.
Caractères de ces grâces extraordinaires.
Règles pour le
discernement
des
charismes.
Rôle de ces dons
merveilleux, souvent désignés sous le nom de charismes, accompagnent l'effusion du Saint-Esprit.
L'Esprit parle par la bouche des nouveaux confirmés ; l'Esprit prophétise l'avenir ; l'Esprit leur donne des ordres, soulève leurs bras, illumine leur regard ; l'Esprit se manifeste en visions, en extases, en prières, en chants pieux. L'Esprit se répand en dons étranges, parfois inexplicables, comme le don des langues ^ L'épître aux Hébreux invoquera le témoignage donné par Dieu à son Eglise « par des signes, des prodiges et toutes sortes de miracles, ainsi que par les dons du Saint-Esprit, répartis selon sa volonté ^ ». Nous nous trouvons, en eifct, ici en présence de ces dons mystiques dont le caractère essentiel est d'être « au-dessus de toutes les industries et de tous les efforts de l'homme ^ » et de dépendre uniquement du bon plaisir de Dieu. On sait aussi que la règle à suivre, pour ceux que Dieu favorise de pareils états, est de subordonner toutlcs ces voies extraordinaires à l'autorité de l'Eglise hiérarchiquement constituée *. Il est bon, du reste, de remarquer que les dons communiqués par le Saint-Esprit aux premiers fidèles ne diffèrent pas essentiellement de ceux que Dieu répartira plus tard à ses grands mystiques, à un François d'Assise, à une Catherine de Sienne, à une Thérèse de Jésus. Tout au plus peut-on constater que l'Eglise ne rencontrera jamais plus, dans la suite, des grâces aussi fréquentes et aussi extraordinaires. Aussi bien, ces dons mystiques dureront peu de temps. On ne les retrouvera plus au delà de l'âge apostolique ; et, durant cette période, ils seront énergiquement subordonnés à deux principes : d'abord la foi reçue et authentique, ensuite l'édification commune 5. a Quand bien même, écrit saint Paul, un ange venu du ciel vous annoncerait un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème ^. » « Si quelqu'un croit être prophète ou riche en dons spirituels, qu'il reconnaisse que les choses que je vous ai écrites sont des commandements du Seigneur. » Le seul but de la Providence,
I. Voir les explications données par les théologiens ou présentées par les rationalistes dans Pra.t, la Théologie de saint Paul, a vol. in-S^, Paris, 1908-1910, t. I, p. 175-184; Lesûtre, au mot Langues (don des), dans le Dict. de la Bible, t. IV, col. ']^-8ï.