‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 331 sur 413 · KusÈiiE, //. £.'.. 1. \ m, ch. MI, n · texte numérisé non relu

KusÈiiE, //. £.'.. 1. \ m, ch. MI, n

LA LUTTE

dévoré par les vers *, avait en vain recouru à la science des plus savants médecins et aux réponses des oracles les plus réputés. Dans un repentir sans grandeur, il se tourna vers le Dieu des chrétiens et rédigea « ce singulier édit qui commence par insulter les chrétiens et finit par leur demander de prier leur Maître pour lui ^ ». Après avoir, en effet, reproché aux disciples du Christ leur « mauvaise volonté », leur « insoumission », leur « folie », et leur athéisme, l'empereur Galère, dans un langage où transpiraient à la fois l'orgueil • et la peur, promettait aux chrétiens « son extrême clémence » ; il leur pardonnait tous leurs crimes et permettait a qu'ils existassent désormais et qu'ils rétablissent leurs assemblées, à la condition qu'ils ne feraient rien contre le bon ordre ; et il leur demandait en retour de son indulgence, de prier leur Dieu pour son salut, celui de l'Etat et le leur propre 3 » .

L'édit fut publié en même temps, au printemps de 3ii, dans les Etats de Galère, de Constantin et de Licinius. Maximin Daïa y adhéra. Sa promulgation était inutile dans les Etats de Maxence, où les chrétiens n'étaient plus persécutés. Eusèbe et Lactance, témoins oculaires, décrivent la joie des chrétiens : les prisons s'ouvrant, les mines se vidant, les confesseurs de la foi oubliant leurs plaies vives ou leurs infirmités pour se hâter vers la patrie, les processions de ces glorieux mutilés le long des routes, au chant des cantiques. A leur aspect, les faibles reprennent courage, ceux qui ont eu le malheur de faiblir pendant la tourmente saisissent la main de ces frères héroïques et leur demandent d'obtenir de Dieu leur pardon. Tous s'empressent autour de leurs églises, bientôt relevées de leurs ruines matérielles et morales, et les païens, à de tels spectacles, s'écrient : « Il est seul grand, il est seul vrai, le Dieu que les chrétiens adorent *. » Pendant ce temps. Galère, l'auteur responsable dé tous les maux dont les chrétiens souffraient depuis près de dix ans, e::pirait au milieu d'atroces douleurs.

La mort de Galère amena d'importants remaniements dans le partage de l'empire. Les provinces qu'il gouvernait en Occident furent le partage de Licinius, mais les Etats bien plus importants qui rele-

Joie des chrétiens.

Mort de Galère,

Maximin ■ maître de l'Orient.

I. Voir dans Eusèbe. 1. VIII, ch. xvi, n. 4-5, dans Lactakce, De mort, pers,, 3:i, et dans Zosime, Hist., II, ii, les détails répugnants de cette maladie. a. A. DE Broglie, l'Eglise et l'empire romain au IV^ siècle, t. I, p. iSa.

3. Eusèbe, H. E., 1. VIII, ch. xvii ; Lacta:«ce, op. cit., 34.

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