Eusèbe, op. ctf,, 1. IX, ch. i; Lactakce, op. cit
HISTOIRE GÉ.NÉRALB DE LÊGLlSE
Il reprend la persécution
sous une autre forme.
Perfide tactique.
Maxiuiin
prélude
à Julien
l'Apostat.
valent de lui en Asie devinrent la part de Maximin. Ce dernier fut dès lors le maître de tout l'Orient.
Maximin n'avait adhéré qu'à regret à l'édit de pacification de Galère. Le violer ouvertement était impossible; il résolut de le tourner et de reprendre, l'une après l'autre, les diverses concessions faites au t chrétiens. L'édit de Galère, tout en leur donnant la liberté, permettaij de réprimer toute faute commise par eux « contre le bon ordre ». ï) s'agissait de trouver un moyen de les poursuivre comme perturbateurs de l'ordre pubUc. Dès le mois d'octobre 3ii, une ordonnance impériale interdit les assemblées que les chrétiens tenaient le soir dans les cimetières au jour tombant, parfois même la nuit, à la lueur des torches. Maximin, dont les orgies étaient le scandale de son entourage *, feignit de voir dans ces réunions une cause de désordre. Un de ses plats courtisans, Théotecne, curateur de la ville d'Atitioche, homme violent et rusé, capable, selon Eusèbe^, de tous les crimes et de tous les forfaits, lui fournit le moyen de généraliser ses mesures d'oppression.
Parcourir les provinces, devancer l'empereur dans toutes les villes où celui ci devait se rendre, suggérer aux magistrats que le meilleur moyen de faire leur cour au souverain était de se plaindre des chrétiens, organiser des pétitions en ce sens, provoquer des réunions et des conférences, soudoyer au besoin les meneurs de la populace et provoquer ainsi des manifestations hostiles au christianisme : tel fut le plan, aussi odieux qu'habile, que Théotecne, d'accord avec Maximin, mit aussitôt à exécution^. Les vieilles calomnies jadis colportées contre les chrétiens et depuis longtemps oubliées furent reproduites. Des affiches, contenant, sous forme de procès-verbal do dépositions officielles, des accusations infâmes, furent apposées dans les villes par l'autorité municipale *. De prétendus Actes de Pilafe, parodie blasphématoire de l'Evangile, composés quelques années auparavant, furent répandus à profusion jusque dans les villages. Les instituteurs durent les mettre entre les mains de leurs élèves, en faire l'objet de récitations, de commentaires, de devoirs écrits et de déclamations orales 5. Julien l'Apostat imitera plus tard cette tactique, en
I. Sur les vices de Maximin Daïa, voir Tillbuomt, Hisloire des empereurs, t. IV, p. a5-80.
a. EusÈBE, //. E.. 1. IX, ch. n.