‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 355 sur 413 · P. L., t. VIII, col. iigi · texte numérisé non relu

P. L., t. VIII, col. iigi

4. Une histoire très complète du donatisme a été publiée par M. Moxcbaux dans le IVc volume de son Histoire littéraire de V Afrique chrétienne. Le point de vue dogmatique y est rapidement traité ; mais le point de vue social et politique y est étudié largement. M. Monceaux est d'avis que le donatisme a été pour l'.Vfrique une cause de faiblesse et de ruine. Il a porté le trouble partout, déchaîné la guerre religieuse, encouragé la guerre sociale, accru la misère. Il a coupé l'Afrique chrétienne en deux tronçons. Il a diminué la force d'expansion du christianisme africain et aussi bien la force de résistance de la civilisation romaine en Afrii :e. Si l'Afrique romaine s'est trouvée si faible en face des Vandales, et peut-être l'Afrique byianline en face des Arabes, la faute en est au donatisme, ou, si l'on veut, à ce qu'il y avait de plus proprement africain dans le christianisme dWfrique. Cf. Dullelin dTanc. lut., 191a, p. aaS-aag.

LA PAIX CONS TANÏIMIENNB

Le péril pressant du donatisme n'avait pas détourné les Pères du concile d'Arles d'autres questions importantes, qui troublaient encore les fidèles et pouvaient y provoquer des divisions regrettables. Ils ne voulurent pas se séparer sans avoir résolu la controverse pascale, la question du baptême des hérétiques, et sans avoir porté certaines prescriptions disciplinaires.

Pour ce qui concerne la question pascale, le concile demande que la fête de Pâques soit célébrée dans le même temps et au même jour dans le monde entier. La pensée des Pères est évidemment de faire prédominer partout le comput romain ^. Le concile de Nicée sera obligé de revenir sur ce point pour y apporter de nouvelles précisions.

Sur le baptême conféré par les hérétiques, le concile déclare qu'il doit être considéré comme valide, pourvu qu'il ait été administré au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit*, la validité des sacrements ne pouvant dépendre du degré de foi ou de vertu du ministre qui les confère.

Les deuxième et vingt-unième canons concernent les clercs qui abandonnaient l'Eglise où ils avaient été ordonnés. L'inconsistance de plusieurs ecclésiastiques à cet égard avait amené un certain désordre dans l'Eglise. Les persécutions avaient été les premières occasions de cet abus ; les honneurs qu'on avait coutume de rendre aux clercs étrangers en furent une autre occasion, moins avouable que la première. Les Pères d'Arles décident que les ecclésiastiques infidèles à leur première Eglise seront dépouillés d'une dignité qu'ils n'ont reçue que pour elle; ils portent contre eux la peine de la déposition 3.

Le troisième canon, à cause des variantes des manuscrits, a donné lieu à des interprétations différentes. Qui arma projiciunt in pace

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