‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 356 sur 413 · I . Canon i · texte numérisé non relu

I . Canon i

a. Canon 8.

3. On s'est demandé si le canon défendait seulement de passer d'un diocèse à un autre, ou s'il interdisait aussi de changer de paroisse. Le 77"^ canon du concile d'Elvire, qui montre dans chaque paroisse un clergé inamovible, porterait à interpréter le canon d'Arles dans ce dernier sens.

Décisions diverses

du concile d'Arles :

1° Sur

la controverse pascale ;

30 Sur la

validité

du baptême

conféré par les

hérétiques;

30 Sur les

clercs

qui changent

de diocèse ou de paroisse

4° Sur ceux

qui arma

projiciun^

in pace ;

5» Sur les comédiens ;

6» Sur la

participation

des magistrats

aux

sacrements ;

70 Sur l'usurpation par certains

diacres

du droit de

cclibrer.

Lettre

synodale

envoyée par les

Pères

du conciliî

d'Arles au pape

ijjlveslre 1 "'.

[in hello ?), plaçait absiineri eos a communicalione. Le concile portet-il rexcomniunication contre « ceux qui jelteut les armes durant le combat », ou contre « ceux qui, en temps Je paix, se servent d'arcnos meurtrières », par exemple dans des combats de gladiateurs? Dom Cellier et Iléfélé ont proposé une autre explication, qui serre de moins près la construction grammaticale, mais que les circonstances politiques suggèrent plus naturellement. Le sens serait celui-ci : On a pu naguère, en temps de persécution, excuser les chrétiens qui se dérobaient, par scrupule religieux, au service des armes ; mais maintenant que l'Eglise jouit de la paix, se soustraire au service militaire est un crime digne de l'excommunication.

Les canons 4 et 5 séparent également de l'Eglise ceux qui font profession de divertir le peuple par des spectacles.

Les canons 6 et 7 rappellent des prescriptions du concile d'Elvire facilitant l'initiation au catéchuménat pour les malades, et posant les conditions auxquelles les magistrats en fonctions pouvaient participer aux sacrements. D'autres canons renouvellent et complètent les décisions du même concile à propos du mariage et de l'usure. Le quinzième canon prohibe l'incroyable abus commis par certains diacres, qui s'étaient arrogé le droit, pendant les persécutions, de célébrer le saint sacrifice là où il n'y avait ni évèque ni prêtre. Les derniers canons ont trait à divers conflits de juridiction qui peuvent s'élever entre ecclésiastiques.

Les Pères du concile d'Arles se servirent de la formule : « Placiiit ergo, prœsente Spiritu Sancto et angelis ejus. Il nous a paru bon, en présence da Saint-Esprit et de ses anges. •> Ils prièrent le pape, comme ayant une autorité plus étendue que la leur, de publier leurs décrets. Ils lui écrivirent, avant de clore leure sessions, la lettre suivante : « Plût au ciel, ô Père très cher, que vous eussiez assisté à ce grand spectacle I Vous eussiez fait, en quelque sorte, qu'une sentence plus sévère fût portée contre les criminels. Si vous eussiez jugé de concert avec nous, toute notre assemblée eût été transportée d'une grande joie. Mais puisque vous ne pouviez quitter celte ville, domicile préféré des apôtres, et où leur sang atteste sans relâche la gloire de Dieu, nous vous dirons que nous n'avons pas cru seulement devoir traiter les points pour lesquels nous étions appelés ; mais, comme nous venions de provinces diverses, nous avons cru devoit nous consulter sur beaucoup de choses dilVérenles qu'il nous couve nait de faire observer. Il nous a donc semblé boa, en présence de

LÀ PAIX CONSTANTINIENNB 455

l'Esprit-Saint et de ses anges, de régler diverses choses quî touchent à la paix présente ; et il nous a paru convenable que ce fût vous, dont l'autorité est plus étendue, qui fissiez connaître nos déci-

sions

pontificat.

Le siège de Rome était alors occupé par Sylvestre I". La notice Saint consacrée à ce pape par le Liber pontijîcalis se distingue des précé- Sylvestre !<"■ dentés par une longueur inusitée. Les documents abondent sur les (314-330). faits de sa vie privée et de sa vie publique. Les grands événements auxquels Sylvestre fut mêle, l'action personnelle qu'il paraît avoir exercée sur l'empereur Constantin, les rapides et brillants développe- La candeur ments que prit l'Eglise entière sous son pontificat, ont attiré sur sa ^^ ^'^'^ personne l'attention des historiens, des hagiographes et des apologistes. Malheureusement ceux-ci ont trop souvent accepté sans discernement des récits légendaires, qu'il est très difficile aujourd'hui de distinguer de la véritable histoire. « L'imagination populaire, écrit le cardinal Hergenrôther, inventa de multiples relations entre le premier empereur chrétien et le pontife qui gouvernait l'Eglise de son temps 2. )) On se plut à rapporter à son pontificat bien des faits postérieurs, dont on ne pouvait fixer la date exacte ; on les dramatisa et on les embellit. Une telle littérature ne s'épanouit qu'autour des grands hommes ; mais le détail de leur vie en est souvent obscurci. Laissant donc à des études plus spéciales Texamen critique des récits plus ou moins légendaires faits sur le pontificat de Sylvestre I" ^, contentons-nous ici de transcrire le début de la notice officielle rédigée au VI* siècle sur ce pape : « Sylvestre, romain d'origine, eut pour père Rufin. Il siégea vingt et un ans dix mois et douze jours, depuis les calendes de février du consulat de Volusianus e*

I. Sur le concile d*Arle«el le sens précis de ses canons, voir Hepelb-Lgclbrcq, t. I, p. 275-398. Cf. Dl'guet, Conférences ecclisiasliques, a vol. in-^", Cologne, i^lxi, t. I, p. 48a-54a, et t. II, p. i-63.

a. HkhcbhrOther-Kirsch, Kirchengeschichte, t. II, 1. II, i""» partie, ch. vu, S i.

3. Voir notamment le P. de Smïdt, Principes de la critique historique, Paris, i883, p. 187 'ôgr Liber ponlijlcalis, éd. Duchesxe, p. cix-cxx, 170-aoi.

Le concile d'Ancyre

(3iii).

Caraclère

do ce concile.

L'Asie

Mineure

tout entière

el la Syrie

y sont

représentées.

Décisions

diverses

de ce concile.

Aiiianiis (3i/j), jusqu'aux calendes de janvier du consulat de Constantin et Albiuus (335) K »

Grande fut la joie du pontife en recevant communication des actes du concile d'Arles. Les grandes questions susceptibles de troubler la paix de l'Occident étaient enfin éclaircies et tranchées.

Presque en même temps, les évêques orientaux tenaient, de leur côté, un concile dans la ville d'Ancyre, aujourd'hui Angora. Si l'Orient avait été préservé du schisme donatiste, la question des lapsi et la question pénitentielle y avaient beaucoup agité les esprits. Là, d'ailleurs, comme en Occident, il devenait urgent de régler plusieurs points douteux de discipline.

Le concile se réunit en 3i4 ^, aux environs de la Pentecôte, dans la capitale de la Galatie. Dans les listes qui nous sont données des évêques qui prirent part à celte assemblée, se trouvent les noms de Vilnlis d'Antioche, Basile d'Amasie, Eustathe de Nicomédie, Léontius de Césarée en Cappadoce, Marcel d'Ancyre, depuis si fameux dans la controverse arienne.. Plusieurs d'entre eux assistèi-ent, onze ans après, au premier concile œcuménique de Nicée. « Ils appartenaient, dit Héfélé, à des provinces si diverses de l'Asie Mineure et de la Syrie, qu'on peut appeler le concile d'Ancyre, dans le même sens que celui d'Arles, un concile plénier, c'est-à-dire un concile général des Eglises de l'Asie Mineure et de la Syrie. De ce que Vitalis d'Antioche est le premier nommé, et de ce qu'Antioche était le siège le plus considérable de ceux qui étaient représentés à Ancyre, on en conclut ordinairement que Vitalis présida l'assemblée 3. »

Des vingt-cinq canons authentiques du concile d'Ancyre, neuf se

1. Liber pontijîcalls, i, 170. Le Liber pontijicalis ajoute que Sylvestre « durant une persécution qui eut lieu sous le règne de Constantin fut obligé de chercner un asile sur le mont Soracte. Rameué à Rome en triomphe, il baptisa l'empereur (lonstantiii, que Dieu guérit de la lèpre par la vertu du sacrement de régénéralion. » Ce dernier détail est un de ceux dont l'Eglise a officiellement reconnu la non-historicité. Sous Léon \III la légende du bréviaire romain a été corrigée sur ce point. Il y est dit seulement que saint Sylvestre « Constanlinum a lepra injidelitalis sanavit. » De nombreux auteurs à la suite de Papebroch, Acta Sanctorum. mai. t. V, contestent même que Constantin ait été baptisé par le pape Sylvestre, fl aurait été baptisé sur son lit de mort par Eusèbe de Nicomédie. Des témoignages formels de saint Ambroise, de saint Jérôme, d'Eusèbô et du concile de Riniini rendent cette dernière opinion historiquement certaine. \'oir sur ce point la note de Pagi dans les Annales de Baronils, odit. de 1734, t. V, p. 40-/49.

2. \oir dans lléfélé-Loclercq, les arguments qui font adopter celle date, IIkkklk- Lecleucq, I, a9()-3oo.

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